Hommage à John Lennon au Cinéma Star, avec flux4 et Herzfeld

mots&sons_Lennon_BeatlesIl nous arrive de vivre des expériences tout à fait inouïes : quand Flore Tournois du cinéma Star, à Strasbourg, m’a évoqué la possibilité de créer un événement pour la commémoration de la disparition de John Lennon, je ne supposais pas l’émotion de ce qui a suivi. Naturellement je pense radio et naturellement je pense concert hommage. Après que les choses se fassent aussi rapidement, et dans les meilleures conditions, dans les moindres de mes fantasmes, j’étais loin de me douter.

Mon John Lennon à moi, à Strasbourg, n’est autre que Jacques Speyser des Original Folks – il ferait assurément un excellent Paul McCartney –, et spontanément je me tourne vers lui pour lui soumettre l’idée d’une émission enregistrée dans les conditions live. Nous avons été tous deux animateurs à Tomawak, et ce passé radio commun nous lie forcément. En moins de trois jours, il me confirme la possibilité de monter une formation Herzfeld pour l’occasion. Si je regrette l’absence de Pierre Walther alias Spide, autre figure lennonienne du label, je suis ravi d’apprendre que Franck Marxer (des Original Folks et de Marxer), mais aussi Sarah Dinckel (de Romeo & Sarah) et Olivier Stula (de Second of June) nous rejoignent pour constituer les fab four d’un soir, sous l’appellation du Beatles Orchestra…

Pendant qu’ils répètent un certain nombre de morceaux – une set-list quasi idéale pour moi ! –, la question se pose des plateaux à créer : le but n’est pas forcément de constituer une table ronde d’experts, mais des personnes qui ont vécu une expérience particulière ou qui ont envie de formuler quelque chose sur John Lennon.

Là aussi, je constate que la chance nous accompagne au flux, comme ça a été le cas déjà à EntreVues et à maintes occasions : à l’issue de la projection du long métrage Nowhere Boy de Sam Taylor-Wood, sur l’adolescence de l’ex-Beatle assassiné, Jérôme Mallien, critique cinéma et journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace, mais aussi Philippe Poirier, ex-Kat Onoma, qui vient de publier un album remarquable chez Herzfeld, Les Triangles Allongés, Jean-Luc Billing, complice de toutes nos années radio à RBS, Strasbourg Contact, Tomawak et Radio EuroDistrict (R.E.D.) se prêtent au jeu de l’interview spontanée.

Ces interventions sont entrecoupées d’intermèdes musicaux remarquables, qui montrent que le Beatles Orchestra a intégré ce qui fait l’essence même de l’écriture de John Lennon, ce lien entre pop mainstream et avant-garde poétique. C’est ce que me confirme un spectateur-auditeur, visiblement sous le charme à l’issue de l’émission : “J’écoute les Beatles depuis le primaire, et je peux vous dire que ces musiciens-là, présents ce soir, ont tout compris !”

La set-list :

Dear Prudence
Oh My Love
Across The Universe
Tomorrow Never Knows
Jealous Guy
Norwegian Wood

Un grand merci à Olivier Legras pour la mise en son en direct et le mix final. Je savais qu’il avait la capacité de tout faire en radio, je ne savais pas qu’il pouvait également sonoriser un groupe live. Décidément, ce garçon est plein de ressources.

Je vous invite à revivre ces instants sur flux4 ; voilà le lien vers l’émission :
Émission John Lennon au Cinéma Star, avec flux4 et Herzfeld
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Je rajouterai que rien n’est jamais innocent : cet anniversaire est double pour moi ; bien sûr, il y a la commémoration – la célébration, que sais-je ? – de cette disparition tragique, et en même temps la découverte de l’œuvre des Beatles résulte pour moi de cet événement dramatique. Je peux dater précisément l’achat de mon premier LP des fab four, le lendemain de la mort de John Lennon, donc le 9 décembre 1980. De manière frileuse, j’avais opté pour un disque sur laquelle ils arboraient de jolies cravates – seul critère du jour pour le néophyte que j’étais – et du coup, j’étais tombé sur Something New, un pressage allemand qui comprenait des extraits de A Hard Day’s Night et quelques compléments.

Les mois qui ont suivi ont été marqués par l’acquisition de la quasi intégralité des albums et d’une vraie affection pour le groupe qui n’a pas seulement changé ma vie, mais exposé clairement le cycle de la création artistique : primitivisme (prémices rock’n'roll), classicisme (période pop 1962-1965), maniérisme (1966-1968), déclin et mort (1969-70). Et quand on parle de déclin, quel déclin magnifique ! Abbey Road, tout de même. Cette classification en périodes distinctes m’a permis d’appréhender l’Histoire, l’histoire de la musique, l’Histoire de l’art, et de manière universelle l’évolution des cycles de la vie.
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Un dernier souvenir : une autre commémoration de la disparition de John Lennon, sans doute le 5ème anniversaire, donc en 1985. Ça se passe au Bandit ; des groupes se succèdent sur cette scène devenue mythique. Je ne pourrai plus les citer tous (il y avait parmi les Parisiens, ceux qui allaient devenir les Innocents). Ce que je sais, c’est que nous sommes au premier rang, avec Bruno Chibane, et qu’on n’en perd pas une miette !

(je ne sais qui a décidé d’entourer ma bobine dans ce document, dont on ne peut contester la portée hautement historique, mais ça n’est pas moi ! On reconnaît Bruno à ma gauche, donc sur la droite, bref sur la photo, et comme tout le monde connaît Bruno…).

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Les photos de Rodolphe Burger à La Boutique

À La Boutique, Rodolphe nous a livré un set très touchant aux côtés de Marco de Oliveira (guitare) et Jeanne Barbieri (chant). Pour avoir assisté aux répétitions et à la balance – très joli son, merci Joël (Theux) ! –, je peux dire l’émotion à les voir ainsi préparer 7 morceaux du Velvet Underground. Le public a répondu présent et a reçu ce joli cadeau avec une certaine ferveur.

C’était une première à La Boutique ; après, les expositions – celle d’Ayline Olukman qui créait un joli cadre visuel aux chansons interprétées –, c’était le premier concert organisé dans notre petit espace à Mots & Sons et My Client is Rich. Inutile de dire que l’expérience vécue nous incite à la renouveler avec les artistes que nous affectionnons particulièrement.

Pour mémoire, le track-listing :

Sunday Morning ;
All Tomorrow’s Parties ;
I’ll Be Your Mirror ;
I’m Waiting For My Man ;
Pale Blue Eyes ;
If You Close The Door ;
Sweet Jane ;
Venus In Furs

L’intégralité du concert sera rediffusé sur flux4

À signaler le concert Le Velvet de Rodolphe Burger le 8 octobre au Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines au festival C’est dans la Vallée.

Les photos ci-dessous sont signées Éric Antoine ; elles alimenteront un article dans le prochain Zut !

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Le flux-jukebox à plein tube !

mots&sons_FabioViscogliosiLa programmation radio sur le web permet parfois des enchainements inespérés. Ce matin sur le flux :

Alice Russell, Turn and Run
Kat Onoma, Missing Shadow Blues,
The Who, Armenia City in The Sky,
David Bowie, Starman
The Beatles, Julia
Fabio Viscogliosi, Quasi Nello Spazio
The Coral, 1000 Years
Danger Mouse & Sparklehorse (ft. The Flaming Lips),
Hot Chip, Hand Me Down Your Love

On a beau se dire que la machine est largement assistée dans ses choix, quand elle se connecte sur vos envies pop sans que vous n’ayez besoin d’intervenir, ça n’est que du bonheur…

flux4 en écoute sur www.flux4.eu

Epsilon Blues

Au moment de la “première” strasbourgeoise d’And I Ride And I Ride, le film que nous avons écrit et réalisé avec Franck Vialle sur Rodolphe Burger, je me permets de poster le texte que j’ai écrit dans Novo #2, à l’occasion de la première projection publique à Sainte-Marie-aux-Mines en 2009.

2 mai 2009 – coïncidence : le même jour, me parviennent par la poste la réédition “ultime” de Salò ou les 120 Journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini, édité une seconde fois en DVD par Carlotta, et Préface à la disparition, un petit ouvrage de Philippe Lacoue-Labarthe, publié dans la collection « Détroits », chez Christian Bourgois.

En 1995, c’est précisément un ouvrage de Lacoue-Labarthe, Pasolini, une improvisation (D’UNE SAINTETÉ), publié à La Pharmacie de Platon, qui a considérablement bouleversé la perception que j’avais de l’acte d’écrire. Dans cet ouvrage d’une quinzaine de pages, je trouvais concentré tout ce que j’avais pu fantasmer formellement : un espace ouvert, dans lequel philosophie, poésie, musique, arts plastiques et cinéma se trouvaient imbriqués, mêlés.

*

« Es-tu intéressé par le cinéma ? »

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En décembre 2007, je croise Franck Vialle au Brant. La question qu’il me pose ce jour-là me surprend au-delà de ce que je pouvais imaginer : le cinéma ? Quel cinéma ? Le cinéma en tant que spectateur – non, il ne m’intéressait plus, et depuis bien longtemps. Le cinéma en tant que réalisateur – j’avais écarté pareille hypothèse. Le cinéma  en tant qu’auteur – non, je n’y avais guère songé. J’ai bien publié un jour un scénario dans LimeLight, Le Voyage à Verdun, je visualisais très clairement les images, mais à aucun moment je n’avais songé à le tourner, ni à en soumettre l’ébauche de scénario à quiconque.

Du coup, je me suis longuement interrogé sur cet éloignement au cinéma, et je pense pouvoir isoler l’instant de rupture – une projection de Salò de Pasolini à l’Université. Le film, je le connaissais en vidéo, mais cette expérience de destruction de toute pensée humaine ne peut se vivre que de manière collective. Le silence qui a suivi la projection, de longues minutes durant au moment de la sortie de la salle, a installé en moi une peur. Au-delà du traumatisme visuel, cette crainte me conduit à questionner la finalité de l’acte créateur. Le suicide d’un de mes élèves, dans les jours qui ont suivi la projection à laquelle il avait assisté, n’a fait que renforcer cette méfiance.

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Alors oui, j’étais intéressé par le cinéma, mais j’avais peur.

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Naturellement, la proposition de Franck de travailler sur une collection de films musicaux autour des artistes de la région me séduisait. Puis, l’idée d’un long-métrage sur Rodolphe Burger s’est rapidement imposée. Il ne restait qu’à poser la question au principal intéressé ; de suite, il s’est montré très intéressé. Nous ne savions pas précisément ce que pouvait être ce film ; nous savions très clairement en revanche ce qu’il ne serait pas : ni documentaire, ni film de fiction. On le situait comme un film en mouvement qui s’intéresserait aux lieux, aux trajectoires, et naturellement aux rencontres qui alimentent la démarche artistique de Rodolphe.

Le film s’est construit pendant un an, sur la base de propositions de Rodolphe lui-même : des rendez-vous ont été fixés, à la Maison de la Radio à Paris, en janvier 2008, pour l’enregistrement de l’émission Équinoxe de Caroline Bourgine, en compagnie de Yves Dormoy et de quatre musiciens ouzbeks, à La Flèche d’Or en février pour un concert auquel je n’ai pas pu assister, à Londres en avril pour deux concerts avec Rachid Taha, à Sainte-Marie-aux-Mines à l’occasion du festival C’est dans la Vallée fin mai, sur L’Île de Batz en juillet et à nouveau à Sainte-Marie en décembre.

Inutile de détailler ici, la somme des instants – spontanément, je dirai que le séjour sur L’Île de Batz, en compagnie de Franck, Aline Huber, la directrice artistique du son, Sylvain Verdet, le directeur de la photographie et Olga Viatcheslavovna Kokorina, sa compagne, restera à part. Les conditions – l’arrivée à Roscoff dans le “combi”, la vie dans les tentes, les séances de tournage entre deux crêpes “complètes boudin” ou “complètes boudin et saucisse” –, la présence de Jacques Higelin et sa guitare-fusil – « Île de Batz, bats-toi ! » –, la rencontre avec Mamie Dirou, tout cela a contribué à l’existence de quelques très belles scènes, celle de la barque notamment, la seule scène du film qui a fait l’objet de deux prises différentes, pour des résultats aussi bons l’un que l’autre.

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Alors oui, j’aimais le cinéma.

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Au mois de décembre 2008, nous retournons à Sainte-Marie avec l’objectif de construire les scènes manquantes. L’occasion est belle avec les répétitions, puis l’enregistrement du matériau qui va constituer les Valley Sessions, avec le trompettiste Erik Truffaz. Le dispositif est unique : un travelling est installé au Studio de Rodolphe, à la Ferme ; il sépare les musiciens Julien Perraudeau (basse, claviers) et Alberto Malo (batterie). Le but est de saisir des instants musicaux inédits et d’emblée nous sommes servis. Après les premières répétions qui portent sur des morceaux de son dernier album ou de reprises de Kat Onoma, je le surprends à ébaucher à la guitare les premières mesures d’un morceau qui m’est très familier, Love Will Tear Us Apart de Joy Division. Ses musiciens n’ont pas été prévenus et se raccrochent comme ils peuvent au morceau qu’ils redécouvrent en temps réel. Franck, Aline et Sylvain ont-ils eu le temps de suivre le mouvement et d’enregistrer l’instant ? Oui, l’image existe : on distingue la main sur la guitare et les premières notes du refrain. Le plan se termine par ce moment où Rodolphe relève la tête comme pour dire : tu as entendu ? As-tu reconnu ?

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Oui, j’ai reconnu…

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Parmi les scènes qui avaient été écrites – ou envisagées – avant le tournage, il y en a une qui me tenait à cœur. Le nom de code : la scène de la voiture.

L’idée m’était venue bien avant le projet de film. J’ai eu l’occasion d’interviewer Rodolphe en avril 2006, alors qu’il était en session d’enregistrement avec Jeanne Balibar. Ce jour-là, un dimanche, il me suggère d’aller sur les hauteurs de Sainte-Marie pour manger un bibelskas dans une auberge. Au bout de deux heures de repas, nous décidons de retourner à la Ferme. Je lui propose de conduire ma voiture. Et là, il me raconte, tout en conduisant, l’histoire de Freddy Koella, le guitariste mulhousien qui est parti faire carrière à la Nouvelle Orléans. Au-delà du récit qui me permet de découvrir le parcours d’un homme qui a joué aux côtés de Dr John, Willy Deville et Bob Dylan, ce qui me fascine c’est l’incroyable talent de conteur et d’imitateur de Rodolphe. Il se courbe, se retourne et rit dans une voiture trop petite pour lui. Je m’en veux de ne pas avoir enregistré la conversation, mais surtout je me fais la réflexion que cette scène est faite pour le cinéma.

Immédiatement, je pense à cette scène où l’on voit John Cassavetes descendre de chez lui en décapotable, dans Cinéma, de notre temps d’André S. Labarthe et Hubert Knapp. Il allume la radio. À l’antenne, les Beach Boys.

Aujourd’hui, la “scène de la voiture” existe.

Et même s’il s’agissait pour la première fois de rompre avec la spontanéité qui prévalait sur le tournage et de recréer un instant vécu, Rodolphe a su nous donner bien plus que ce qu’on avait imaginé à la base. Bien au delà du récit de Freddy, il apparaît évident qu’il se raconte lui-même, dans ses départs, ses retours, son cheminement. La scène dure précisément 22 minutes, elle est restituée en intégralité dans le film et se termine dans la neige au pied d’une station de ski, le Lac Blanc, où Rodolphe se rendait enfant.

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Franck : Je viens de découvrir les rushes, la scène de l’Epsilon est spectrale !
Moi : La scène de quoi ?
Franck : La Lancia Epsilon, ta voiture !

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L’article que j’avais publié à l’époque de l’entretien sur les hauteurs de Sainte-Marie avait été baptisé La trace d’une provenance (and I ride) ; le film s’intitule (and I ride and I ride), j’ai le sentiment aujourd’hui qu’il interroge le parcours de Rodolphe, sa pratique musicale, les réseaux artistiques qu’il crée autour de lui, mais qu’il nous interroge en retour, Franck, Aline, Sylvain et moi-même, et porte à l’écran la trace de cette interrogation-là.

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Alors oui, le cinéma révèle une part de nous-mêmes.

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À l’époque où je découvrais Pasolini, une improvisation de Philippe Lacoue-Labarthe, deux amis, Nicolas Simonin et Philippe Haag, m’avaient suggéré l’écriture d’un texte pour une édition éphémère, réalisée à la main, dans la collection Goût Amer au Rhinocéros. Le texte d’époque, intitulé Géométrie Élémentaire (une esquisse) débutait par ces mots :

J’ai sept ans.
Il me promet de m’acheter une caméra.
Il ne me l’offre jamais.

J’ai huit ans.
Il me promet de m’acheter une guitare.
Il ne me l’offre jamais.

Et pourtant, je ne lui en veux pas…

À la relecture de ces mots, je me dis que grâce à Franck, Aline et Sylvain, je peux offrir à mon entourage et à ma petite fille de sept ans un film sur un guitariste. Et pour cela, je leur en serai à jamais reconnaissant.

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