“Sweet” Jeanne à Sainte-Marie-aux-Mines

Une photo publié dans L’Alsace du 9 octobre de la performance I’ll be your mirror autour du Velvet Underground, par le flux4 quartet. “Sweet” Jeanne Barbieri en pleine improvisation sur les voix samplés d’un texte de Sylvia Plath lu par Pascale Garat, à côté des vidéos traitées en direct par Olivier Legras, dans le kino-underground pour l’inauguration du festival C’est dans la Vallée (la dixième édition anniversaire).

Dans les DNA du samedi 9 octobre, un compte-rendu signé Anne Muller : “Rebaptisé l’Underground Kino, le sous-sol du superbe théâtre centenaire de Sainte-Marie-aux-Mines a accueilli une performance vidéo-radiophonique live du flux4 quartet, autour du Velvet Underground. Balbutiements, borborygmes, gazouillis dans les oreilles, neige de points colorés, galop de pixels obèses – C’est I’ll be your mirror.”

Parmi les sons samplés : Sunday Morning, All Tomorrow’s parties, There is No Reason [demo], Femme Fatale, Venus in Furs [demo], Venus in Furs [flux ‘Orphée’ mix], The Gift, etc…

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Rodolphe Burger, set acoustique gratuit à La Boutique

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LA CONFÉRENCE DE PRESSE ‘C’EST DANS LA VALLÉE’

À l’occasion du 10ème anniversaire de C’est dans la Vallée (du 7 au 10 octobre à Sainte-Marie-aux-Mines), Rodolphe Burger, son directeur artistique, vient commenter l’ensemble de la programmation du festival.

Des concerts, des projections (une intégrale Fred Poulet, ainsi que son Making Fuck Off…), des performances, des conférences (Bruno Blum…), un lieu central, le Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines, des artistes d’exception (Jacques Higelin, Olivier Mellano, Kid Loco, Seb Martel…), cette édition s’annonce à la hauteur de l’événement.

Conférence de presse le mardi 14 à 18h00
Tous les détails de la programmation sur www.cestdanslavallee.com

LE VELVET UNDERGROUND ‘UNPLUGGED’

Rodolphe Burger s’est attaqué au répertoire du Velvet Underground au printemps dernier pour une création produite par la scène nationale de Sète. On sait l’importance de la reprise pour lui, on sait également l’affection qu’il porte au Velvet, un groupe auquel on a souvent comparé Kat Onoma.

Le 8 octobre prochain, le Velvet de Rodolphe Burger sera présenté au Théâtre à Sainte-Marie-aux-Mines, à l’occasion du 10ème anniversaire du festival C’est dans la Vallée, avec bon nombre d’invités. En avant-première de ce concert-événement, le public strasbourgeois se voit offrir un set acoustique de quelques titres choisis à La Boutique.

Set acoustique gratuit, ouvert au public, le mardi 14 à 18h30 à La Boutique au 10, rue Ste Hélène à Strasbourg (09 52 17 45 23)

Les photos du set ici ;
une vidéo du set ici.

Andy Warhol & The Velvet Underground: reflect what you are

À intervalle de plus en plus rapproché, Andy Warhol et le Velvet Underground nous reviennent comme des certitudes. Peut-être incarnent-ils ensemble ou séparément une voie artistique perverse, subversive, mais surtout indépendante ? Ils sont à l’honneur à La Filature et au festival C’est dans la Vallée.

mots&sons_AndyWarhol_TheVelvetUndergroundAndy Warhol avait peur de la mort. Il en disait : « Je suis tellement malheureux quand j’en entends parler. Il me semblait que les choses revêtaient une dimension magique, et que jamais la mort ne devait arriver. » Et pourtant, à les regarder de près, les Screen Tests ne sont-ils autre chose que des Vanités, ces images qui nous rappellent notre condition de mortel. Ici, nul besoin de figurer des crânes, l’extrême insouciance des modèles suggère une issue fatale. Dans ces pièces de 4 mn réalisées entre 1964 et 1966 en 16 mm à la caméra Bolex, Andy Warhol fige un instant quasi statique à la manière de certains portraits de la Renaissance – on pense à certains tableaux du Titien, quand ce dernier plaque sa figure sur un fond noir, comme c’est le cas dans le Portrait de Ranuccio Farnese, Le Concert et bien sûr L’Homme au gant, des portraits qui « portent des jugements sur les hommes de son temps », comme le signale très justement l’historien de l’art Louis Hourticq au début du XXe siècle. Warhol, dans sa geste non narrative, porte-t-il lui aussi un jugement sur les hommes de son temps, rien n’est sûr : la consigne de limiter les mouvements avait pour finalité de renvoyer l’image du modèle à celle du visiteur qui devait se reconnaître en elle comme s’il se retrouvait face à un miroir. Le volume des 500 Screen Tests recensés devait confronter, dans un effet hypnotique, les deux images et permettre d’« aider les “audiences” à mieux se connecter à elles-mêmes. »

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I’ll be your mirror / Reflect what you are, in case you don’t know.
The Velvet Underground, I’ll Be Your Mirror

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À regarder les Screen Tests les uns après les autres, entre l’intention initiale et le résultat final, des décalages se créent, et le récit s’invite malgré tout. Si certains se prêtent au jeu, comme Susan Bottomly, un jeune modèle de Boston, le designer Billy Name ou Richard Rheem, un éphèbe californien, d’autres prennent leur distance par rapport au dispositif : Dennis Hopper ne peut s’empêcher de jouer avec la caméra, s’interroger, regarder à gauche, puis à droite, cligner des yeux et même manifester une certaine impatience, pour finalement sourire et hocher de la tête, comme s’il venait d’admettre quelque chose. D’autres enfin s’émancipent du dispositif imposant une forme de distance, voire d’arrogance, comme c’est le cas avec Lou Reed – sublime avec sa bouteille de Coca –, Nico, particulièrement remuante ou encore Baby Jane Holzer, la collectionneuse d’art, qui adopte des postures suggestives avec sa brosse à dent et son dentifrice.

Après, il reste le cas du Screen Test d’Ann Buchanan, une jeune poétesse qui a partagé son appartement avec Allen Ginsberg et Neal Cassady. Au bout de quelques minutes, cette très belle femme aux longs cheveux bruns laisse perler des larmes de ses yeux à force de les maintenir ouverts, dans un effet narratif stupéfiant qui a ému jusqu’à Warhol lui-même.

Enfin, on peut signaler le cas d’Edie Sedgwick qu’on découvre craintive, voire apeurée. Les images qui en résultent tranchent avec des photos qu’on connaît d’elle – notamment, les séries de photomatons. On surprend l’icône en train de soupirer, comme si l’épreuve était devenue insoutenable. On ne peut s’empêcher de penser que cette jeune femme magnifique mesure à cet instant précis le drame qui est en train de se jouer pour elle.

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avec des jambes si longues et je la suppliais de danser avec moi sans jamais avoir la chance de lui plaire / oh c’est injuste
Patti Smith, Edie Sedgwick (1943-1971)

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Les Screen Tests se regardent en silence, sans fond sonore, mais pour l’édition DVD chez Plexifilm, l’ex-Galaxie 500 et ex-Luna Dean Wareham est sollicité par le Andy Warhol Museum pour mettre les Screen Tests en musique. C’est ce qu’il fait avec son épouse, Britta Philipps. Il en résulte une série de compositions, qui pour paraître un peu vaines en accompagnement du DVD, prennent tout leur sens sur scène. L’idée de jouer les morceaux en formation et de projeter les Screen Tests sur écran, renoue avec le concept multimédia total – musique, vidéo, danse et performance –, The Exploding Plastic Inevitable, qu’Andy Warhol initiait autour des concerts du Velvet Underground.

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« Comment définiriez-vous un groupe comme celui-là, qui passe de Heroin à Jesus en deux courtes années ? »
Lester Bangs dans Rolling Stone #33, 1970

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« Être plus Velvet que le Velvet ! » Quand il s’attaque au répertoire du célèbre groupe new-yorkais, Rodolphe Burger ne cherche ni à imiter, ni à reproduire, ni même à incarner, il s’approprie les chansons et les interprète comme s’il les avait écrites lui-même. C’est l’une des constantes de son approche de la reprise – « La reprise n’est jamais innocente, elle nous inscrit dans ce qu’on est et dans ce qu’on devient. Elle est le signal d’une provenance », nous explique-t-il. Aucune innocence donc dans le fait que ce soit justement le Velvet, groupe auquel on a souvent comparé Kat Onoma de manière parfois paresseuse, qui fait l’objet à son tour de reprises, après celles très remarquées d’Iggy Pop ou de Joy Division.

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If I could make the world as pure and strange as what I see / I’d put you in the mirror I put in front of me / I’d put in front of me
The Velvet Underground, Pale Blue Eyes

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Cette création produite par la scène nationale de Sète, Rodolphe et ses invités ont aujourd’hui à cœur de l’offrir au public de Sainte-Marie-aux-Mines, pour le dixième anniversaire du festival C’est dans la Vallée, dans le cadre d’une thématique globale autour du Velvet Underground qui intègre une conférence du critique rock Bruno Blum.

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Le Velvet est aujourd’hui le groupe le plus créatif en Amérique, dans la mesure où il investit un espace que la plupart des  groupes cherchent à fuir en studio : la vie.
Lenny Kaye, dans New Times, le 20 avril 1970

Article publié dans Novo #10 (septembre 2010)

13 Most Beautiful… Songs for Andy Warhol’s Screen Test, ciné-concert de Dean & Britta les 7 et 8 octobre à La Filature
www.lafilature.org

Le Velvet de Rodolphe Burger, concert le 8 octobre au festival C’est dans la Vallée au Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines
www.cestdanslavallee.com

À signaler la performance du flux4 quartet I’ll Be Your Mirror le 7 octobre en inauguration du festival C’est dans la Vallée au Kino Underground en sous-sol du Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines.

I’ll be your mirror, performance vidéo-radiophonique de flux4 à C’est dans la Vallée !

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C’est officiel, le flux4 quartet (Pascale Garat, Jeanne Barbieri, Olivier Legras et Emmanuel Abela) est programmé pour une performance vidéo-radiophonique autour du Velvet Underground le 7 octobre, au moment de l’inauguration du festival C’est dans la Vallée, à l’Underground Kino – entendez, le sous-sol du Théâtre aménagé en cinéma permanent durant les quatre jours du festival (du 7 au 10 octobre).

Au programme, échantillons saturés du Velvet, voix, vidéo et images travaillées en live.

La thématique de la performance est inspirée d’un texte de Jon Savage, extrait de l’ouvrage collectif The Velvet Underground, Un mythe new-yorkais :

Reflet dans un miroir : Andy Warhol, le Velvet Underground et l’année 66.

Extrait : « Le miroir est un concept malléable, contradictoire : dur et précis, argenté et sybillin. Il peut refléter l’âpre réalité du matin ou bien offrir une ouverture sur un autre monde – au sens littéral dans l’incomparable Orphée de Jean Cocteau. »

Un autre texte servira de fil conducteur, il est signé Sylvia Plath. Il nous est suggéré par Pascale avec beaucoup d’à-propos :

Mirror (1961)

I am silver and exact. I have no preconceptions.
Whatever I see, I swallow immediately.
Just as it is, unmisted by love or dislike
I am not cruel, only truthful –
The eye of a little god, four-cornered.
Most of the time I meditate on the opposite wall.
It is pink, with speckles. I have looked at it so long
I think it is a part of my heart. But it flickers.
Faces and darkness separate us over and over.

Now I am a lake. A woman bends over me.
Searching my reaches for what she really is.
Then she turns to those liars, the candles or the moon.
I see her back, and reflect it faithfully
She rewards me with tears and an agitation of hands.
I am important to her. She comes and goes.
Each morning it is her face that replaces the darkness.
In me she has drowned a young girl, and in me an old woman
Rises toward her day after day, like a terrible fish.

Pique Nique à Sainte-Marie-aux-Mines

mots&sons_PiqueNique_Sainte-Marie2 mots&sons_PiqueNique_Sainte-Marie1Deux photos d’un pique nique à Sainte-Marie-aux-Mines le 29 mai, en présence de Rodolphe Burger. Présentation de la Compagnie en charge de l’organisation de la 10ème édition de C’est dans la Vallée et des membres de la Fédération Hiéro Colmar, associée à cette organisation.

Deux conférences de presse sont prévues pour nous faire découvrir cette édition qui se tiendra du 7 au 10 octobre, la première à 15h au Restaurant Peter à Colmar, la seconde à 18h à La Boutique, les locaux de Mots & Sons, de My Client is Rich et de Francis Mountain, au 10, rue Ste Hélène, à Strasbourg.