Tran Anh Hung : le langage spécifique du cinéma
18 mai
Récent coup de cœur : Norwegian Wood (La Ballade de l’Impossible) de Tran Anh Hung. Le 26 avril, à l’Hôtel Hannong, à Strasbourg, nous avons pu rencontrer le réalisateur. Au cœur de l’échange, la mélancolie, le langage cinématographique et une collaboration soutenue avec Jonny Greenwood, le guitariste de Radiohead.
Vous avez adapté le roman de Haruki Murakami, Norwegian Wood (La Ballade de l’impossible). À la lecture, vous avez dit y avoir vu une forme cinématographique pleine de promesses sur la base d’un matériau spécifique.
Je crois que ce qui est important, c’est le sentiment d’intimité créé entre le livre et le lecteur. Avoir ce degré-là d’intimité avec un livre, c’est quelque chose qui ne m’était jamais arrivé avant. C’est comme si en quelque sorte, le livre me reconnaissait. Il y a certains livres qui sont tellement toxiques que vous avez cette sensation qu’il font remonter le poison contenu en vous, et ça jusqu’à l’étouffement. C’est probablement lié à sa façon d’écrire. Il a un mécanisme que je n’arrive pas vraiment à décrire, il n’aime pas les phrases brillantes ni la virtuosité ; il déplie patiemment les recoins de l’âme et on se demande jusqu’où il va aller. C’est quelque chose qui nous pénètre et éveille la noirceur qui est en vous. Ça, c’est vraiment merveilleux.
Vous vous imposez une forme de distance par rapport au récit même si de temps en temps la position du narrateur à la première personne apparaît. Pour le lecteur, la réaction n’est pas la même que pour le spectateur du film. Était-ce un parti pris dès le départ ?
Il y a plusieurs réponses à ça. D’abord, il y a l’idée d’une structure naturelle que donne le livre, c’est la construction en flash back. En faisant cela, le passé influe sur le présent. Or, dans le livre, il n’y a rien dans le présent, juste une voix. Il aurait fallu que j’invente des actions dans le présent, ce qui est absurde dans la mesure où le livre est déjà bien trop riche pour faire deux heures de film. Et cette construction-là, je ne l’aime pas, elle donne un rythme que le spectateur connaît trop bien. D’autre part, je voulais aussi montrer ce drame dans la fraîcheur de l’instant et de la blessure. Je voulais éviter avec ces allers-retours de donner plus un sentiment de nostalgie que de mélancolie. La nostalgie c’est en quelque sorte un bon souvenir du passé tandis que la mélancolie c’est la conscience soudaine qu’on a définitivement perdu quelque chose qu’on aurait dû vivre, et que cette occasion-là est manquée pour toujours. La mélancolie est beaucoup plus précieuse à mon goût. De là découle un sentiment extrêmement poignant de l’existence. C’est quelque chose de merveilleux dans le livre que je ne pourrais pas obtenir en faisant ce travail de flash back.

La langueur, la mélancolie naissent de ce jeu sur le temps, ralenti, parfois accéléré… Cette question du rythme semble essentielle dans votre approche. Les saisons sont marquées, on est dans des instants qui durent presque indéfiniment. Était-ce une volonté de faire durer ces instants ?
Oui, parce qu’il y a une forme de suspension dans le livre. C’est lié au fait que Watanabe découvre son premier amour et vit un moment exceptionnel avec Naoko. On s’imagine l’intensité des sentiments qui disparaissent immédiatement. Quelque part, sa vie est mise en suspens, il n’arrive pas à comprendre et le rythme de sa respiration a changé depuis qu’elle a disparu. Il fallait retranscrire à l’écran de manière purement physique, à la fois les impacts physiques et psychologiques. Je préfère perdre un peu le spectateur mais que celui-ci ressente mes films émotionnellement et physiquement, et pas seulement intellectuellement. Et ça n’est possible que parce qu’on travaille le matériau spécifique de cet art. Par exemple, à la fin du film, lorsque Watanabe fait l’amour avec Reiko, il lui rend sa sexualité et lui permet de recommencer une nouvelle vie. Après cette séquence d’amour, qui exprime un sentiment de réconciliation, on voit Watanabe debout dans un arbre, Naoko au pied de l’arbre et Reiko accroupie au bord de l’eau. En voyant cette séquence-là, on ressent une forme d’amitié supérieure qui naît entre les personnages : ils se réconcilient à la vie. Et ce sentiment-là, quelles que soient vos origines et votre sensibilité, même sans comprendre, vous le ressentirez à coup sûr. C’est dans ce sens que je parle de langage cinématographique. Mener une dissertation sur un thème, une histoire c’est facile, mais seul le travail spécifique sur le langage de l’art, sur l’expression, peut provoquer des choses aussi fortes et mystérieuses.
Ce qui peut surprendre, c’est la trivialité de certaines situations. Sans être forcément choqué, il y a quelque chose d’inédit au cinéma dans le propos très direct, notamment des personnages féminins, très volontaires, en ce qui concerne leurs intentions sexuelles.
Il faut que je sois fidèle à cette idée-là puisqu’elle émane du livre, elle est relative à l’histoire. Une adaptation se doit d’y ressembler, c’est comme faire un portrait, s’il ne ressemble pas à la personne, on est mal !
Vous avez travaillé avec Jonny Greenwood de Radiohead qui a livré une bande-son magistrale, notamment pour la scène de deuil.
Un moment absolument magnifique ! Moi je m’entête à dire que cette scène ne pourrait pas exister sans cette musique.
Comment la rencontre s’est-elle faite ?
Avec Jonny ? L’histoire est amusante ! J’ai vu évidemment There will be blood, et écouté la musique qu’il avait composée pour le film ; c’était quelque chose de nouveau à mes oreilles, il fallait que je travaille avec lui. Dans ce film, l’enjeu était de transmettre la beauté d’une forme de noirceur et seul Greenwood, pouvait le faire. Je n’utilise pas la musique pour créer une émotion, mais pour renforcer celle-ci. Profitant d’un concert qu’il donnait à Tokyo, je l’ai rencontré et il a accepté de faire la musique pour le film. Quelques mois plus tard, il m’envoie un mot et il me dit que Thom Yorke voudrait retourner en studio pour enregistrer avec Radiohead. Il devait évidemment retourner à ce qu’il était initialement, c’est-à-dire un membre d’un groupe. Dépité mais tenace, j’ai commencé à tourner le film et au moment du montage, j’ai essayé la musique de There will be blood. J’ai alors repris contact avec lui en lui disant qu’il fallait absolument qu’il fasse la musique de mon film. Là, il me répond : « T’es complètement fou, qu’est-ce que cette musique d’Irlandais à avoir avec ton film japonais ? » Après lui avoir envoyé le film, il me propose un sextette de corde et me promet qu’il prendra le temps d’enregistrer quelque chose. J’ai immédiatement accepté. Mais après plusieurs essais, il me dit : « Oh non, là il faut carrément l’orchestre ! »
Parlez-nous de votre collaboration…
Le travail avec lui était d’une très grande simplicité. Techniquement, il m’a envoyé des extraits de sons qu’il avait enregistrés pour qu’on se mette d’accord sur la couleur sonore, la texture. Ensuite, il composait de son côté. Je ne voulais rien savoir, et découvrir la musique une fois qu’elle était enregistrée. Puis j’ai cherché à associer les images à la musique. Lors de la scène du deuil au bord de la mer, sa musique est absolument étonnante. Il faut être tellement humble pour accepter l’idée que les vagues viennent bouffer sa propre musique.
Dans cette bande-son, vous accordez une place particulière, à côté des Beatles et des Doors, au groupe allemand Can. Quelles sont les raisons de ce choix ?
C’est Greenwood ! Dans le livre, il y a beaucoup de références à la musique, mais elles n’ont pas le degré émotionnel de cette histoire. La seule musique qui transmettait cette émotion c’était celle des Doors. Initialement, j’avais cinq ou six morceaux du groupe, puis Greenwood arrive et me propose d’aller voir du côté de Can, que je ne connaissais pas. En écoutant bien, c’était le son de ces années-là, mais en beaucoup plus moderne et en bien moins connu, ce qui a apporté plus d’authenticité à ce qui se passe entre les personnages. Je pense qu’en utilisant une musique trop connue, certains risquent de tomber dans la nostalgie.
Propos recueillis avec Stéphanie Linsingh et Gabrielle Awad, à l’occasion de l’avant-première du film Norwegian Wood (La Ballade de l’Impossible) au cinéma Star, à Strasbourg (Photos : Stéphanie Linsingh)
Norwegian Wood de Tran Anh Hung
25 avr
Il est toujours déconcertant de devoir se justifier. “On ne te voit que très rarement dans les projections de presse. Une affection particulière pour Tran Anh Hung ? As-tu lu le roman de Haruki Murakami ?”, m’interroge un confrère journaliste avant la projection du film au Star saint-Exupéry. Ni l’un ni l’autre, serai-je tenté de lui répondre, mais je m’abstiens. Comment expliquer que le cinéma se vit aussi à l’instinct et naturellement au coup de cœur : une image, une citation, nous incitent plus que tous les discours. Là, en l’occurrence, c’est la musique – une fois de plus – qui me sert d’entrée : le titre des Beatles, Norwegian Wood, et la bande-son signée Jonny Greenwood, le guitariste de Radiohead.
À quelques exceptions près, le cinéma asiatique n’est pas celui que j’affectionne le plus, notamment quand il prend des détours particulièrement maniérés, comme c’est le cas avec Wong Kar-wai. J’avais détesté In The Mood for Love, exercice de style vain d’un provincial qui ne voyait la capitale Antonioni qu’en rêve et naturellement de très loin. Je peux l’avouer, j’ai eu d’emblée des craintes de m’être laissé embarqué dans une aventure similaire, la présence sur Norwegian Wood de Mark Lee Ping-bin, le directeur de la photographie de In The Mood, ne me rassurant guère sur les intentions esthétisantes du film. Et pourtant, rapidement, je me suis laissé émouvoir par l’écart qui se creusait entre la beauté des images et la trivialité du propos, le tout sur fond de drame absolu. De la manière on passait au maniérisme, ce qui correspond pour moi au stade le plus raffiné de la création. Pour l’instant, on passera sous silence les méandres d’un récit tortueux qui, même s’il peut paraître prévisible par moments, n’en ouvre pas moins des voies narratives nouvelles, nous plongeant dans la plus profonde mélancolie de l’instant.
À l’image de Watanabe, interprété par Kenichi Matsuyama étonnant de sobriété, on se prend à les aimer toutes, la sublime Naoko (Rinko Kikuchi) bien sûr, Midori (Kiko Mizuhara), Reiko Ishida (Reika Kirishima) et même Hatsumi (Eriko Hatsune), la ravissante compagne du ténébreux Nagasawa (Tesuji Tamayama).
Le travail musical de Jonny Greenwood sur la base de boucles de guitares samplés accompagne à merveille le personnage de Watanabe dans son itinéraire sentimental naissant jusqu’à la maturité des décisions qu’il est amené à prendre, y compris malgré lui. Mais la surprise vient de l’utilisation par Tran Anh Hung de la musique de Can à plusieurs reprises. La présence du chanteur japonais Damo Suzuki au sein de la célèbre formation allemande – ce qui n’est pas le cas sur le magnifique Mary, Mary So Contrary interprété par Malcolm Mooney – est-elle un argument supplémentaire pour ce choix musical audacieux ? À moins que ça ne soit le lointain souvenir de Deep End de Jerzy Skolimowski, pour lequel Can a signé son Mother Sky ? Nous croisons Tran Anh Hung demain au Star dans le cadre d’une interview pour Novo. Nous ne manquerons pas de lui poser la question…
Deep End de Jerzy Skolimowski chez Carlotta
29 déc
Il y a carte de vœu et carte de vœu. On peut compter sur le formidable éditeur de films, de DVD et Blue-ray Carlotta pour vous soigner. Je sais que je vais faire des jaloux, mais tant pis ! La carte de vœux grand format pour 2011 concerne l’un de mes films fétiches, Deep End (1971) du cinéaste Jerzy Skolimowski ; on y voit le jeune John Moulder-Brown (Mike dans le film) discuter avec Jane Asher (Susan) dans l’établissement de bain public où ils travaillent tous deux.
Peu de film ont su ainsi magnifier le fantasme adolescent… Voilà une bien belle manière de nous présenter des vœux ! D’autant plus que cette carte annonce la re-sortie du film au cinéma au courant de l’été 2011, sans doute suivie d’une édition DVD (ce qui n’est pas encore arrivé, à ma connaissance). Nous aurons bien sûr l’occasion d’en reparler (et signaler la sublime BO signée Cat Stevens et Can). Dans l’attente, je me programme une vision à partir d’une bonne vieille K7 VHS enregistrée.
À lire la critique du film sur Mots & Sons : I might die tonight!
2010, bilan musical, 2ème partie : les rééditions
25 déc
On le sait : la parade des maisons de disques à la crise du support est de soigner les rééditions. Après, il est difficile de faire le tri entre le la publication opportuniste et la vraie démarche de réévaluation d’une œuvre passée. Ce qui semble rassurant, c’est que les concepteurs de ces rééditions se donnent du mal pour offrir des objets – et j’entends là également la partie son qui nous concerne au premier abord – qui soient à la hauteur des espérances des fans…
Après, les critères restent forcément subjectifs : l’artiste représenté, le matériau révélé, le packaging, la charge affective qu’on place dans l’acquisition, etc.
1. Orange Juice, Coals To Newcastle
Il peut paraître étonnant de placer Orange Juice en tête, quand on mesure la portée des artistes qui vont suivre, mais c’est de loin le travail de révélation le plus remarquable : le groupe d’Edwyn Collins méritait d’être resitué à sa juste valeur dans une époque qui a bien voulu nier son importance. Cette intégrale est magnifique, tant du point de vue du matériau (albums, EPs, live, Peel Sessions) que de l’emballage. Décidément, Domino (sans doute aiguillé par le fan Alex Kapranos de Franz Ferdinand) fait œuvre avec des publications de haut vol. Grâce à ce coffret, Orange Juice retrouve sa juste place, pas si loin de ses modèles Television et Talking Heads. Exigeants, impatients, on attend un travail équivalent pour les autres groupes écossais majeurs, Josef K (une première compilation a vu le jour il y a quelques années) et Aztec Camera, ou une rétro Postcard, du fameux label qui les a tous lancés à la fin des années 70.
2. Bob Dylan, The Original Mono Recordings
Que dire ? Peut-être les plus beaux disques du monde, enchaînés à un rythme soutenu de 1962 (Bob Dylan) à 1967 (John Wesley Harding). Présentés à l’identique des originaux en vinyle, sans doute la plus belle édition en CD de ces albums majeurs, avec une qualité de son et une sécheresse qui renvoient au sentiment initial de ceux qui les ont découverts en temps réel – ce dont je ne suis pas, et de loin pas !
3. V/A Elektronische Musik : Experimental German Rock and Electronic Musik 1972-83
Soul Jazz semblait en perte de vitesse ces derniers mois, mais en toute discrétion le label a exhumé des archives krautrock estimables au plus haut point : Can, Tangerine Dream, Neu!, Faust, Ash Ra Tempel mais aussi Harmonia, Cluster, Roedelius pour un tour d’horizon, qui pour être rapide, n’en offre pas moins un éventail complet des avant-gardes pop outre-Rhin dans les années 70.
4. The Fall, The Wonderful and Frightening World of The Fall
Après Bauhaus, c’est au tour de The Fall de faire l’objet d’une Omnibus Edition chez Beggars Banquet : on sait l’importance de The Fall, mais avec cette réédition, on mesure la dimension du groupe de Mark E. Smith. Hors temps, hors espace, avec le sentiment de chaos ultime, essentiel !
5. John Lennon, Plastic Ono Band
On s’est beaucoup attaché à la réédition de Double Fantasy (Stripped Down), mais rien n’équivaut le premier album solo de l’ex-Beatles. Il est restitué avec un son en rapport les paroles, un son qui claque, qui fouette les sens et nous alerte ! Une intimité et une conviction inégalées. Un regret cependant : l’occasion était belle d’une réédition du Plastic Ono Band version Yoko Ono, et même un double CD Deluxe (avec éditions en vinyles, fac-similés, notes d’enregistrements, poster et autres binz, Yoko nue – déjà vu, ah ! –, etc…). Blague à part, ce chef d’œuvre que peu de gens connaissent mériterait un son équivalent !
6. Lee Fields, Problems
Sublime, absolument sublime ! La réédition soul de l’année… Album culte publié en 2002 chez Soul Fire, Problems faisait l’objet de convoitises extrêmes pour le plus grand plaisir des spéculateurs. Le label Truth & Soul nous remet entre les mains ce chef d’œuvre qui sonne comme aux plus belles heures de l’afro-soul seventies !
7. The Stooges, Raw Power [Legacy Edition]
Un coffret 3 CD qui retourne à l’essence même de ce chef d’œuvre de subversion. Raaaaaaaaaaaw Power !
8. Chuck Berry, The Complete Chess Recordings (1969-1974)
L’ami Chuck semble en perte de vitesse en studio – ce qui n’est pas le cas sur scène – et cherche à tirer profit de sa notoriété, mais par moment il donne la leçon à tous ses suiveurs. Sa créativité fonctionne par fulgurances, mais quelles fulgurances !
9. The Teardrop Explodes, Kilimanjaro
En France, on continue d’ignorer The Teardrop Explodes, et pourtant on doit au groupe de Julian Cope le grand virage néo-psychédélique que prendront bien des groupes anglais au début des années 80, les voisins Bunnymen, XTC et tous les autres. Une réédition en 3 CD précieuse à la compréhension de ces années déterminantes !
10. Nick Cave & The Bad Seeds, Tender Prey
L’album qui marque un tournant dans la carrière de Nick Cave : une nouvelle densité autant sonore que textuelle et une forme de maturité pour l’ex-Birthday Party qui expliquent les chefs d’œuvre à venir, dont The Good Son, réédité en même temps.
11. Tammi Terrell, Come on and See Me
12. David Bowie, Station to Station
13. The Rolling Stones, Exile on Main St.
14. Bob Dylan, The Bootleg Series Vol. 9: The Witmark Demos: 1962-64
15. James Brown, The Singles 1973-75
16. The Beatles, Red (1962-66) & Blue (1967-70) Albums
Exit the groove !
17 déc
À l’occasion du vernissage de l’exposition de l’illustratrice et plasticienne Lotie, un mix avec Jean-Luc Billing à La Boutique : certains parlent d’une battle, je préfère évoquer ping pong musical très amical. À une époque, à la télévision, une émission confrontait les œuvres des plus grands auteurs de BD, c’était du Tac au Tac, sur le principe du Cadavre Exquis. Là, le principe est simple : 1 titre diffusé en suggère un autre, et ainsi de suite… Reste à savoir ce qu’il faut emporter avec soi : je me suis limité à une quarantaine de disques, sur la base d’une couleur pop psychédélique et hybride, avec moult détours mutants et post-punk.
Je pourrai puiser au hasard dans les disques des groupes et artistes suivants :
Talking Heads, Pere Ubu, The Slits, The B-52’s, Tuxedomoon, Suicide, Liquid Liquid, The Fall, Billy Childish, The Raincoats, Honeymoon Killers (Tueurs de la Lune de Miel), The 13th Floor Elevator, David Bowie, The Residents, Snakefinger, The Undertones, Devo, The Stooges, The Stranglers, Taxi Girl, Magazine, Blondie, Alex Chilton, The Electric Prunes, Le Tigre, !!!, Kraftwerk, Big Youth, Can, Kevin Ayers, Of Montreal, The Olivia Tremor Control, Clinic…
Un seul mot d’ordre pour moi : Exit the groove !
Rendez-vous le 17 décembre à 18h30 à La Boutique
(10, rue Ste Hélène à Strasbourg).
Le site de DJ M&S
Deutsche Elektronische Musik, Tanzmusik ?
18 mai
Décidément, Soul Jazz Records fait bien les choses : là, en l’occurrence, il s’agit d’une compilation, Deutsche Elektronische Musik, sous-titré Experimental German Rock and Electronic Musik 1972-83. On appréciera dans le titre l’absence de l’appellation “krautrock”, la mauvaise blague ayant enfin tourné court – on nous rappelle que le “kraut” était le sobriquet dont les alliés affublaient le soldat allemand outre-Manche !
Les classiques Neu! – qui voit son catalogue réédité en vinyle, coïncidence des calendriers –, Can, Faust, Ash Ra Tempel, Tangerine Dream, Amon Düül II ou Popol Vuh se succèdent, affirmant la diversité, mais aussi paradoxalement l’extrême cohérence de cette scène psychédélique et hautement avant-gardiste. Le booklet nous renseigne sur les filiations esthétiques, insistant sur la figure de Karl Heinz Stockhausen – dont Holger Czukay et Irmin Schmidt étaient les étudiants –, mais aussi et surtout sur celle de Joseph Beuys. Les performances de ce dernier ont redéfini les contours de toute démarche artistique outre-Rhin dans un contexte politique et social d’une violence inouïe.
De manière générale, cette compilation en 2 CD avec son lot d’inédits et de perles – La Danse des Microbes de Michael Bunft, Rambo Zambo de Kollectiv, etc. –, nous offre une plongée au cœur des 70’s dans ce que la période a révélé de sublime, mais aussi de tragique.
Et comme ils sont les grands absents de cette compilation – pour des raisons qu’on imagine aisément –, voici Kraftwerk en vidéo, en 1973 : Ralf Hütter et Florian Schneider, à l’époque de Ralf und Florian. Tanzmusik !










