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	<title>mots et sons &#187; Littérature M&amp;S</title>
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		<title>Alain Dister, Révolution de l&#8217;esprit</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Oct 2011 08:27:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alain Dister était là au moment où les choses se passaient. Il a rencontré les plus grands artistes de son temps, musiciens et poètes. Le critique rock et photographe fait l’objet d’une exposition construite autour de ses portraits des poètes Beat à Besançon.

« L’univers est le lieu où bruit notre esprit »
Michael McClure, Revolución
Quand cinq soldats américains [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alain Dister était là au moment où les choses se passaient. Il a rencontré les plus grands artistes de son temps, musiciens et poètes. Le critique rock et photographe fait l’objet d’une exposition construite autour de ses portraits des poètes Beat à Besançon.<br />
</strong><em><br />
« L’univers est le lieu où bruit notre esprit »</em><br />
<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_McClure" target="_blank">Michael McClure</a>, <em>Revolución</em></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Alain_Dister_BernardPlossu.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3082" title="mots&amp;sons_Alain_Dister_BernardPlossu" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Alain_Dister_BernardPlossu.jpg" alt="mots&amp;sons_Alain_Dister_BernardPlossu" width="350" height="531" /></a>Quand cinq soldats américains s’installent chez les parents d’Alain Dister le 25 août 1944, au Vésinet en Seine-et-Oise, ils apportent avec eux des poulets congelés, des bas nylon, des Lucky Strike et des disques. <em>« Plein de disques, en carton kaki souple et léger. Avec des musiques formidables et des chansons qu’ils reprennent en chorus en allant me border avec mes nounours tout neufs », </em>se souvient Alain. Ces nounours s’appellent <em>« bien entendu Boogie et Woogie », </em>et les soldats lui sussuraient :<em> Shoo Shoo Baby</em></p>
<p>Faut-il voir dans ce récit un instant initiatique, quelque chose de l’ordre de la destinée ? Oui, sans doute. Nul hasard, si Alain Dister est ce Français présent là où il faut, quand il faut. Là où ça se passe au cœur des sixties flamboyantes – et même moins flamboyantes.</p>
<p>Les Américains ont investi sa maison en libérateurs ; lui investit l’Amérique en témoin : témoin d’un temps où tout semblait possible, où les poètes – ses poètes à lui, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Allen_Ginsberg" target="_blank">Allen Ginsberg</a> en tête, bientôt ses potes – avaient initié une révolution de la pensée comme on en n’en a peut-être plus vécu depuis.</p>
<p><em>« J’ai vu les plus grand esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus […] »</em><br />
Allen Ginsberg, <a href="http://www.wussu.com/poems/agh.htm" target="_blank"><em>Howl</em></a></p>
<p><em>I saw the best minds, </em>cite volontiers Alain en introduction à sa monographie <em>It’s Only Rock’n’Roll </em>publiée chez Marval en 1989. Oui, il les a vus les grands esprits, les “meilleurs” esprits, il les a interviewés, photographiés pour <a href="http://rocknfolk.com/site/accueil.php" target="_blank"><em>Rock &amp; Folk</em></a> : Jimi Hendrix bien sûr, auquel il a consacré le magnifique <em>Ezy Rider </em>au Seuil en 1995, mais aussi Brian Wilson, Frank Zappa et les Mothers, les Rolling Stones, Cream, le Dead, Janis Joplin, Otis Redding, Syd Barrett – sublime photo de Syd, avec et sans le Floyd –, Daevid Allen – Alain était un temps responsable du light-show de Gong –, puis Patti Smith, Brian Eno, Chris Cutler, Richard Hell, les Ramones, Laurie Anderson, les Clash. Il a gardé cette affection indéfectible aux Beatles, signé l’une de leurs premières monographies françaises après la disparition du groupe et comme je le disais précédemment, il a rencontré les poètes Beat : Allen Ginsberg donc, Lawrence Ferlinghetti, Gregory Corso, Michael McClure… Presque tous, à l’exception d’un seul, Jack Kerouac. Figure recluse, isolée, déclinante physiquement – mais pas intellectuellement –, Kerouac ne participe pas aux rassemblements ; peut-être même les observe-t-il avec circonspection…<br />
___</p>
<p>Juillet 1966, Central Park, New York City : <em>« Dans le Park je fais de vraies photos de mode en vue d’un hypothétique portfolio, avec deux Irlandaises mignonnes à croquer. Sous l’œil intéressé d’une consœur, « vous êtes photographe aussi ? ». Elle vient de réaliser une série de portraits des… Rolling Stones. Souvenir d’une fugitive amitié, elle m’en a offert un. Deux ans plus tard, elle s’est mariée avec un Beatle. »</em><br />
Alain Dister, <em>It’s Only Rock’n’Roll<br />
___</em></p>
<p>Décédé d’un cancer le 2 juillet 2008, il reste d’Alain Dister de nombreux textes dont certains font l’objet de recueils, les articles publiés ici ou là, dans <em>Rock &amp; Folk, </em>mais aussi dans <em>Metal Hurlant, Libération, Fluide Glacial </em>et <em>Le Nouvel Observateur. </em>Il reste ses très nombreuses photos. D’après le philosophe Louis Ucciani qui organise à la <a href="http://www.jeangreset.com/" target="_blank">galerie Jean Greset</a> à Besançon une exposition photo d’Alain Dister centrée sur les portraits des poètes Beat, il n’est peut-être pas le meilleur photographe, mais il est celui auquel on manifeste une confiance absolue, d’où l’existence de portraits intimes, révélateurs de la formidable diffusion des idées nouvelles.</p>
<p><strong>Article paru dans <a href="http://www.novomag.fr" target="_blank">Novo</a> #16 (septembre-octobre 2011)</strong><br />
<strong>Photos : Bernard Plossu<br />
</strong></p>
<p><strong>Alain Dister, exposition Beat Generation du 26 octobre au 12 novembre à la <a href="http://www.jeangreset.com/" target="_blank">Galerie Jean Greset</a> en partenariat avec le Centre d’Art Mobile </strong></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Alain_Dister_BernardPlossu_LagunaPueblo_1980.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3085" title="mots&amp;sons_Alain_Dister_BernardPlossu_LagunaPueblo_1980" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Alain_Dister_BernardPlossu_LagunaPueblo_1980.jpg" alt="mots&amp;sons_Alain_Dister_BernardPlossu_LagunaPueblo_1980" width="700" height="461" /></a></p>
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		<title>John Giorno et Locus Metropole au MAMCS</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Mar 2011 15:34:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après la Kunsthalle de Mulhouse, Locus Metropole a proposé le 17 mars une série de performances au Musée d&#8217;Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, avec trois performances signées Julien Blaine, Valentine Verhaeghe et John Giorno.
Si Julien Blaine, dans toute sa suffisance et semi-conviction, nous a crispés d&#8217;emblée avec son propos entre chasse et molard, Valentine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_StéphanieLinsingh_JohnGiorno_LocusMetropole_2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2578" title="mots&amp;sons_StéphanieLinsingh_JohnGiorno_LocusMetropole_2" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_StéphanieLinsingh_JohnGiorno_LocusMetropole_2.jpg" alt="mots&amp;sons_StéphanieLinsingh_JohnGiorno_LocusMetropole_2" width="350" height="535" /></a>Après la Kunsthalle de Mulhouse, <a href="http://www.mots-et-sons.com/2011/03/locus-metropole-la-voix-demultipliee-john-giorno/" target="_blank">Locus Metropole</a> a proposé le 17 mars une série de performances au Musée d&#8217;Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, avec trois performances signées Julien Blaine, Valentine Verhaeghe et <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/John_Giorno" target="_blank">John Giorno</a>.</p>
<p>Si Julien Blaine, dans toute sa suffisance et semi-conviction, nous a crispés d&#8217;emblée avec son propos entre chasse et molard, Valentine Verhaeghe a livré un message plein d&#8217;humanité, nous apportant une partie de la réponse à la question que nous avions pu nous poser précédemment : que sommes-nous venus faire ici ? <em>I am here because I&#8217;m beautiful. Beauty is not for sale.</em></p>
<p>Puis, c&#8217;était au tour de John Giorno de se présenter sur la scène de l&#8217;Auditorium. Là, toute la force de la poésie Beat nous était livrée avec une élégance dont ne soupçonnions plus l&#8217;existence : le set était rodé, mais la lecture de <em>The Death of William Burroughs, There was a Bad Tree </em>et le <em>Thanx 4 nothing </em>(un texte qui nous émancipe de tout type d&#8217;adulation, et nous invite à aimer plus fort ce qui nous environne), a été vécue avec une émotion sans cesse redoublée&#8230;</p>
<p><em>The beautiful men and women woke up,<br />
and nibbled on the leaves, again;<br />
They ate the leaves, like deer, pausing between bites, looking up at the vast empty sky.<br />
The leaves and fruit increased their clarity and bliss, and introduced the nature of primordially pure wisdom mind.</em></p>
<p>John Giorno, There Was A Bad Tree <em>[excerpt]</em> (2002)<br />
___</p>
<p><em>America, thanks for the neglect,<br />
I did it without you,<br />
let us celebrate poetic justice,<br />
you and I never were,<br />
never tried to do anything,<br />
and never succeeded,<br />
thanks for introducing me<br />
to the face of the naked mind,<br />
thanx 4 nothing.</em></p>
<p><em></em>John Giorno, <em>Thanx 4 nothing [excerpt]</em><em> </em>(2007)<br />
___</p>
<p>Photos : <a href="http://www.flickr.com/photos/linsingh/" target="_blank">Stéphanie Linsingh</a>.</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_StéphanieLinsingh_LocusMetropole_2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2581" title="mots&amp;sons_StéphanieLinsingh_LocusMetropole_2" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_StéphanieLinsingh_LocusMetropole_2.jpg" alt="mots&amp;sons_StéphanieLinsingh_LocusMetropole_2" width="600" height="417" /></a><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_StéphanieLinsingh_LocusMetropole_1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2582" title="mots&amp;sons_StéphanieLinsingh_LocusMetropole_1" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_StéphanieLinsingh_LocusMetropole_1.jpg" alt="mots&amp;sons_StéphanieLinsingh_LocusMetropole_1" width="600" height="435" /></a></p>
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		<title>Locus Metropole, la voix démultipliée</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Mar 2011 15:15:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Née d’expériences menées à New York, l’aventure Locus Metropole a débuté à Zurich, mais se poursuit dans toute l’Europe sous la forme de démarches itinérantes, avec des grandes figures de la poésie sonore, dont John Giorno. Le point avec l’artiste et théoricien Michel Collet.
 
Locus Metropole est lancé en 2009 au Cabaret Voltaire, à Zurich. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Née d’expériences menées à New York, l’aventure Locus Metropole a débuté à Zurich, mais se poursuit dans toute l’Europe sous la forme de démarches itinérantes, avec des grandes figures de la poésie sonore, dont John Giorno. Le point avec l’artiste et théoricien Michel Collet.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Locus Metropole est lancé en 2009 au Cabaret Voltaire, à Zurich. Comment en êtes-vous arrivé à vous produire dans ce lieu historique du mouvement dada ?</strong><br />
Depuis 3 ou 4 ans, nous avons organisé plusieurs événements dans différents lieux, et notamment le festival <a href="http://blagobung.org/" target="_blank">Blago Bung</a> <em>[dont le nom est emprunté au poème </em>Karawane<em> d’Hugo Ball, ndlr]</em> dans l’ancien loft de George Maciunas, le fondateur de <a href="http://www.universalis.fr/encyclopedie/fluxus/" target="_blank">fluxus</a>, dans le quartier de SoHo,<em> </em>en plein cœur de New York. À la suite d’une proposition du Cabaret Voltaire, nous avons décidé que pour l’Europe nous mettrions en place une itinérance, d’où le nom de Locus Metropole.</p>
<p><strong><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/locus-metropole1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2538" title="locus metropole1" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/locus-metropole1.jpg" alt="locus metropole1" width="350" height="123" /></a>Le nom nous renseigne sur l’intention : avez-vous ressenti le besoin de réactiver des démarches poétiques autour de la voix ?</strong><br />
Oui, nous souhaitons travailler sur cette question de la voix, du sens, du langage, à la suite de ce que cherche à défendre John Giorno, sous la forme d’un investissement physique, celui de la <em>spoken poetry. </em>Ce qui renvoie pour nous aux trois piliers de la poésie sonore en Europe, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=V3Pc6S1NK9Q" target="_blank">Bernard Heidsieck</a>, <a href="http://www.dailymotion.com/video/x4n3ah_interview-henri-chopin-avec-jaap-bl_music" target="_blank">Henri Chopin</a> et <a href="http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-dufrene/" target="_blank">François Dufrêne</a>, avec des branches qui partent du lettrisme et de l’ultra-lettrisme, en passant par le situationnisme. Un travail est mené en Europe autour de la question du corps en train de lire, de souffler, d’éructer ou de susurrer, donc autour de l’artiste, de l’écrivain et du performer, mais il nous semblait important de favoriser une autre dérivation possible dans ce rhizome d’expériences menées ici ou là, et de faire exister des engagements autour de la voix, même si ça semble être un travail sans fin. Il s’agissait de faire entrer de l’extériorité sur la base de questions aussi diverses que : comment créer du relief sur des surfaces dont on ressentirait les aspérités ? comment provoquer une lecture multiple et sortir d’une vision monoculaire ? comment ramener la question du temps et dire qu’il se passe quelque chose à un instant précis ?</p>
<p><strong>En quoi John Giorno a-t-il été séduit par cette démarche ?</strong><br />
John se montre intéressé par la fraicheur et une forme d’activisme. Ce qui le rend sensible, c’est la volonté de faire exister des choses qui ne s’imposent pas d’elles-mêmes, comme cette manière de faire se connecter des interventions à la Kunsthalle à Mulhouse, au <a href="http://www.musees.strasbourg.eu/index.php?page=mamcs" target="_blank">MAMCS</a> à Strasbourg, à Milan et plus au sud en Italie. Ce qui importe, c’est de ramener du mouvement comme on le fait à New York où l’on rencontre un vrai succès et de garder cette approche expérimentale – voire expériencielle – avec laquelle on ne joue pas, mais on vit. Pour John, comme pour nous, il s’agit de vivre les choses dans le présent de manière incarnée, tout en invitant celui qui a la chance d’être là d’y participer lui aussi.</p>
<p><strong>Performances de John Giorno, Jürgen O. Olbrich, Michel Collet le 15 mars à la Kunsthalle à Mulhouse, et avec John Giorno, Julien Blaine et Valentine Verhaeghe le 17 mars au MAMCS à Strasbourg</strong></p>
<p><strong>Photo : Patrice Lerochereuil (de gauche à droite, Michel Collet, Valentine Verhaeghe, John Giorno, Larry Litt à Zurich)</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_JohnGiorno.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2524" title="mots&amp;sons_JohnGiorno" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_JohnGiorno.jpg" alt="mots&amp;sons_JohnGiorno" width="600" height="398" /></a><br />
</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Antoine de Caunes et Laurent Chalumeau, inclination rock</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 11:06:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Antoine de Caunes et Laurent Chalumeau sont les meilleurs amis du monde et ça se voit. Ils parlent l’un de l’autre avec une admiration qu’ils ne cherchent pas à dissimuler. Ensemble, ils forment un bloc compact qui rétablit un certain nombre de vérités sur le rock et l’écriture en général.
 
Ce qui semble vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Antoine de Caunes et Laurent Chalumeau sont les meilleurs amis du monde et ça se voit. Ils parlent l’un de l’autre avec une admiration qu’ils ne cherchent pas à dissimuler. Ensemble, ils forment un bloc compact qui rétablit un certain nombre de vérités sur le rock et l’écriture en général.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Ce qui semble vous lier, Antoine et Laurent, c’est une passion commune pour le rock, mais il y a aussi ce souci que vous apportez à la langue, qui ne doit pas exprimer un ton faussement jeune, ni répondre à des critères langagiers particuliers. </strong></p>
<p><strong>A.d.C. : </strong>Oui, je me méfie beaucoup de cela. On partage ce point de vue avec Laurent : le rock ne s’adresse pas aux jeunes ni à un public ciblé, c’est de la musique qui est apparue au début des années 50 et quand on prend le train en marche avec <em>Chorus, </em>il s’est déjà passé deux ou trois choses. De manière générale en télévision, il me paraît plus sain de parler normalement, plutôt que de traiter les gens comme des crétins.</p>
<p><strong><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_KeithRichard_BobBonis.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2051" title="mots&amp;sons_KeithRichard_BobBonis" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_KeithRichard_BobBonis.jpg" alt="mots&amp;sons_KeithRichard_BobBonis" width="350" height="279" /></a></strong><strong>Vous publiez un <em>Dictionnaire amoureux du rock. </em>L’adjectif “amoureux” le situe dans toute sa subjectivité.</strong></p>
<p><strong>A.d.C. : </strong>À l’origine, le <em>Dictionnaire </em>est une proposition étrange d’un éditeur, Jean-Claude Simoën, qui dirige cette collection des Dictionnaires amoureux. Cet éditeur à l’ancienne, extrêmement érudit, fin et raffiné, qui, pour de bonnes raisons, est assez déconnecté du monde d’aujourd’hui, me propose d’en faire un sur le rock, alors qu’il n’y connaît strictement rien. C’était extrêmement intéressant pour moi parce que je n’avais pas en face de moi un éditeur tatillon qui allait me poser des questions sur mes choix ou les manques éventuels. Comme il ne s’agissait pas de faire un dictionnaire, il me fallait travailler sur ce lien amoureux avec le rock, une musique qui accompagne ma vie depuis plus de quarante ans et pour laquelle je garde une passion intacte. J’ai essayé de raconter cela sans que ça soit un livre de mémoires, ni un livre d’anecdotes, sans qu’il n’y ait non plus de révérence, mais en prenant du plaisir à écrire et à raconter. Il ne s’agissait pas non plus de brosser un tableau complet – loin de là, il faudrait 1000 pages de plus ! –, mais qui donne un aperçu de la raison pour laquelle on peut être attaché à une musique comme celle-là.</p>
<p><strong>Vous rendez tout de même votre lecteur jaloux, quand il découvre les noms des artistes que vous avez rencontrés : Bob Dylan, Paul McCartney, David Bowie, The Clash… Vous en profitez pour relater un certain nombre d’anecdotes, comme cette drôle de situation dans laquelle vous vous retrouvez avec James Brown.</strong></p>
<p><strong>A.d.C. : </strong>Oui, j’ai eu affaire au parrain en personne ! Comme beaucoup d’artistes noirs américains de cette période-là, James Brown <em>[il insiste sur la prononciation, ndlr] </em>a été exploité jusqu’au trognon par des managers véreux. Quand il a connu un retour en grâce, il ne laissait plus rien passer : il avait des caprices comme celui de demander une petite rallonge au moment de monter sur scène… une fois la salle pleine ! Chuck Berry est connu pour cela… Ces anecdotes, mises en collier, finissent par raconter une histoire plus large. Si je peux me permettre, quand Laurent a rassemblé l’année dernière dans le recueil <em>En Amérique</em> ses chroniques publiées dans les années 80<em>, </em>c’était le moment où je me collais à la rédaction du <em>Dictionnaire amoureux. </em>Dans un premier temps, ça m’a donné des complexes terribles – monsieur sait écrire ! –, mais par la suite l’absence de toute forme de <em>rock-criticism </em>s’est avérée extrêmement stimulante pour moi.</p>
<p><strong>L.C. : </strong>J’allais justement rajouter que ce qui est unique avec le <em>Dictionnaire </em>d’Antoine c’est son “lieu de parole” – comme on disait, jadis, quand j’étais étudiant –, sa posture par rapport aux artistes qu’il a croisés. Il est plus artiste lui-même que journaliste. Ça aménage un angle d’attaque, une altitude de vue pas si commune. Nous avons l’habitude de lire des articles de journalistes qui regardent ce qu’il se passe, le plus souvent en levant la tête, en donnant le sentiment que ça se passe au-dessus d’eux, avec un vieux fond de rancœur et de jalousie inconscient. Ce qui est tout à fait engageant et rafraichissant dans le <em>Dictionnaire </em>d’Antoine, c’est qu’à aucun moment on ne sent ça. Il y a une espèce de connivence qui n’empêche pas l’humilité, ni l’admiration.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>En retour, Laurent, Antoine vous situe au niveau de Nick Hornby, Nick Tosches ou Peter Guralnick, ces grands écrivains rock à cette différence près que vous n’écrivez pas systématiquement sur le rock. Chez vous l’écriture rock passe dans le récit.</strong></p>
<p><strong>L.C. : </strong>Le style rock, je ne sais pas ce que c’est, et les rares fois où j’ai l’impression de voir de quoi il s’agit, c’est pour vite changer de trottoir. Les tentatives à la fin des années 60 et dans les années 70 coïncidaient avec les maladies de croissance de la musique elle-même. D’écrire rock, ça serait quoi ? Ecrire avec des majuscules, des italiques, des onomatopées ? Non, même à propos du rock, ça serait rendre service au sujet et aux lecteurs que d’en parler normalement. À cet égard, le <em>Dictionnaire </em>d’Antoine est exemplaire, il est écrit dans un français presque suranné dans son excellence, avec des moments d’esprit – au sens le plus classique du terme – qui conviendraient bien à des sujets soi-disant plus nobles. Quand je travaillais à <em>Rock’n’Folk, </em>après deux ou trois ans à me chercher, à justement vouloir me la jouer rock-critic, j’ai commencé à faire à peu près correctement mon boulot le jour où je me suis mis à écrire sur la musique normalement comme sur n’importe quel autre sujet. D’ailleurs, les articles qui ont survécu au temps et qui ont justifié d’être réunis l’an dernier dans mon recueil, ce sont des articles qui ont été écrits dans un français tout à fait normal.</p>
<p><strong>Dans votre dernier ouvrage, <em>Bonus, </em>on sent une nouvelle approche narrative avec cette volonté de donner au personnage une langue propre.</strong></p>
<p><strong>L.C. : </strong>L’idée c’est de disparaître en tant que narrateur omniscient et ce au profit des personnages qui racontent eux-mêmes l’histoire. Je fais en sorte que l’intrigue avance le plus possible grâce aux dialogues. Le but c’est d’intégrer le lecteur – comme disent les correspondants de guerre en Irak et en Afghanistan – ; il vit cette histoire au fur et à mesure qu’elle se déroule avec des personnages qui se parlent à eux-mêmes avec leurs propres mots. L’une des difficultés – mais c’est aussi l’un des plaisirs –, c’est que chacun se crée sa petite musique à lui et identifie rapidement qui est qui dans le récit.</p>
<p><strong>Il y a justement une actualité du langage, des mots dont on ne sait s’ils vont entrer dans le langage courant ou disparaître : <em>peer to peer, iPod, </em>etc…</strong></p>
<p><strong>A.d.C. : </strong>Je peux me permettre un commentaire ? Je fais des lectures publiques des textes de Laurent sur scène, non pas parce que c’est mon meilleur ami – on n’en sortirait pas –, mais parce que c’est un grand écrivain…</p>
<p><strong>L.C. : </strong>Je vais vous laisser…</p>
<p><strong>A.d.C. : </strong>Ce qu’on ne dit pas là, c’est qu’il fait des romans extrêmement drôles. Je suis saisi à chaque fois : ces romans donnent un instantané de la société dans laquelle on vit en ce moment – la Sarkosie de ce début de troisième millénaire ! C’est épatant, c’est excessivement drôle et pertinent.</p>
<p><strong>L.C. : </strong>Je tiens à préciser que ça n’était pas l’intention de départ. Les personnages sont comme nous, ils habitent ici et maintenant – j’aimerais faire croire au lecteur qu’il pourrait les croiser –, ils ont des préférences culturelles, des opinions politiques, pour certains des indignations et pour d’autres des adhésions. Ça ne veut pas dire que je n’ai pas moi-même en tant que citoyen ma part d’indignation, mais je n’ai pas la naïveté de croire que ce que je raconte pourrait faire avancer les choses d’un nanomètre. Mon ambition, c’est juste de faire passer un excellent moment à mon lecteur pendant une dizaine ou une douzaine d’heures.</p>
<p><strong>Propos recueillis à l’occasion de la rencontre à la <a href="http://www.librairie-kleber.com/" target="_blank">Librairie Kléber</a> le 27 novembre</strong></p>
<p><strong>Antoine de Caunes, <em>Dictionnaire amoureux du rock, </em>Plon ; <em>Chorus, </em>3DVD, INA Éditions<br />
Laurent Chalumeau, <em>Bonus, </em>Grasset</strong></p>
<p><strong>L&#8217;intégralité de l&#8217;entretien à lire dans <em><a href="http://www.zutmag.com" target="_blank">Zut</a> </em>#8 (hiver 2009-2010)<br />
À lire également <a href="http://www.mots-et-sons.com/2010/10/antoine-de-caunes-chorus-dictionnaire-amoureux-du-rock/" target="_blank">Antoine de Caunes, amoureux du rock</a></strong></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_AntoinedeCaunes+LaurentChalumeau.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2048" title="mots&amp;sons_AntoinedeCaunes+LaurentChalumeau" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_AntoinedeCaunes+LaurentChalumeau.jpg" alt="mots&amp;sons_AntoinedeCaunes+LaurentChalumeau" width="600" height="404" /></a></p>
<p><em> </em></p>
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		<title>Marilyn Monroe, une photographie de l&#8217;âme</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Nov 2010 17:49:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma M&S]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature M&S]]></category>
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		<description><![CDATA[Tout est contenu dans une photo : Marilyn Monroe regarde attentivement une sculpture en bronze de Degas, la Petite danseuse de 14 ans, exposée à Los Angeles en 1956. La jeune femme semble bouleversée par le secret qu’elle est en train de découvrir, celui du lien intime qui unit l’œuvre d’art à celui qui contemple.
Quelques mois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_MarilynMonroe.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1934" title="mots&amp;sons_MarilynMonroe" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_MarilynMonroe.jpg" alt="mots&amp;sons_MarilynMonroe" width="284" height="394" /></a>Tout est contenu dans une photo : Marilyn Monroe regarde attentivement une sculpture en bronze de Degas, la Petite danseuse de 14 ans, exposée à Los Angeles en 1956. La jeune femme semble bouleversée par le secret qu’elle est en train de découvrir, celui du lien intime qui unit l’œuvre d’art à celui qui contemple.</p>
<p>Quelques mois plus tard, à New York au cours de l’été 1957, Marcel Duchamp formule implicitement ce lien :</p>
<p><em>« Selon toutes apparences, l’artiste agit à la façon d’un être médiumnique qui, du labyrinthe, par-delà le temps et l’espace, cherche son chemin vers une clairière. » </em></p>
<p>Marilyn a emprunté bien des chemins, sans malheureusement entrevoir la moindre clairière, mais ce que la publication de <em>Fragments</em> révèle aujourd’hui, c’est qu’elle l’a fait avec une grande lucidité, loin des clichés, loin des fantasmes qu’on lui associe, se posant des questions essentielles, comme lors d’une séance photo avec André de Dienes à Long Island, en 1949.</p>
<p>La scène est relatée par Antonio Tabucchi en introduction à l’ouvrage : Marilyn parle “réincarnation” et se rêve en papillon, mais quand le photographe lui parle “évaporation”, “pluie” et “fertilité”, la jeune femme court vers lui en “nuage”, affirmant déjà sa volonté de se dés-incarner.</p>
<p><em>Seuls quelques fragments de nous<br />
Toucheront un jour des fragments d’autrui –<br />
La vérité de quelqu’un n’est<br />
En réalité que ça – la vérité de quelqu’un.<br />
On peut seulement le partager<br />
le fragment acceptable pour le savoir de l’autre<br />
ainsi on est<br />
presque toujours seuls.</em><br />
___</p>
<p>Après son suicide, les affaires personnelles de Marilyn ont été léguées à Lee Strasberg, acteur et professeur d’art dramatique, avec qui elle entretenait une relation artistique soutenue, comme en témoignent certaines lettres qui lui étaient adressées. Des années après, Anna Strasberg, son épouse, tombe sur des boîtes remplies de documents écrits par Marilyn, des carnets notamment, dont sont extraits les notes et ébauches de poèmes qui figurent dans l’ouvrage.<br />
___</p>
<p><em>L’enfance de chacun se rejoue tout le temps.<br />
Pas étonnant que personne ne connaisse l’autre ni ne puisse le comprendre<br />
Entièrement. Je ne sais pas si j’en arrive avec cette conclusion à tout laisser<br />
Tomber – ou si pour la première fois est peut-être je suis connectée avec la réalité –</em><br />
___</p>
<p>Ce bel ouvrage confirme une intuition initiale : Marilyn est une femme cultivée, intelligente, fragile mais rayonnante. Si on ne juge pas les personnes à la qualité de leur bibliothèque, celle de Marilyn nous révèle que derrière son extrême candeur se cache une femme curieuse de ce qui l’environne : la présence des classiques de la littérature mondiale côtoie les œuvres de Walt Whitman, James Joyce, Samuel Beckett ou Jack Kerouac…<br />
___</p>
<p><em>« Photographie mon âme »</em>, demande-t-elle à André de Dienes sur la plage de Long Island. Une tâche que le photographe juge alors techniquement impossible. Peut-être cette publication offre-t-elle, 42 ans après sa disparition, cette photographie au plus profond de l’âme que Marilyn Monroe appelait de ses vœux comme un témoignage de ce qu’elle était véritablement.</p>
<p><strong>Fragments. Poèmes, écrits intimes, lettres, édité par Stanley Buchthal et Bernard Comment, <a href="http://www.seuil.com/" target="_blank">Seuil</a></strong></p>
<p><strong>Chronique à paraître dans <a href="http://www.zutmag.com" target="_blank"><em>Zut ! </em></a>#8 (hiver 2010-2011)<br />
</strong></p>
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		<title>“Sweet” Jeanne à Sainte-Marie-aux-Mines</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Oct 2010 13:07:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet M&S]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature M&S]]></category>
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		<category><![CDATA[C'est dans la Vallée]]></category>
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		<description><![CDATA[Une photo publié dans L&#8217;Alsace du 9 octobre de la performance I&#8217;ll be your mirror autour du Velvet Underground, par le flux4 quartet. “Sweet” Jeanne Barbieri en pleine improvisation sur les voix samplés d&#8217;un texte de Sylvia Plath lu par Pascale Garat, à côté des vidéos traitées en direct par Olivier Legras, dans le kino-underground [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une photo publié dans <em>L&#8217;Alsace</em> du 9 octobre de la performance<em> <a href="http://www.mots-et-sons.com/2010/09/ill-be-your-mirror-performance-video-radiophonique-a-cest-dans-la-vallee/" target="_blank">I&#8217;ll be your mirror</a></em> autour du Velvet Underground, par le flux4 quartet. “Sweet” Jeanne Barbieri en pleine improvisation sur les voix samplés d&#8217;un texte de Sylvia Plath lu par Pascale Garat, à côté des vidéos traitées en direct par Olivier Legras, dans le kino-underground pour l&#8217;inauguration du festival C&#8217;est dans la Vallée (la dixième édition anniversaire).</p>
<p>Dans les DNA du samedi 9 octobre, un compte-rendu signé Anne Muller <em>:  “Rebaptisé l&#8217;Underground Kino, le sous-sol du superbe théâtre  centenaire de Sainte-Marie-aux-Mines a accueilli une performance  vidéo-radiophonique live du <a href="../2010/09/ill-be-your-mirror-performance-video-radiophonique-a-cest-dans-la-vallee/" target="_blank">flux4 quartet</a>,  autour du Velvet Underground. Balbutiements, borborygmes, gazouillis  dans les oreilles, neige de points colorés, galop de pixels obèses –  C&#8217;est <a href="../2010/09/ill-be-your-mirror-performance-video-radiophonique-a-cest-dans-la-vallee/" target="_blank">I&#8217;ll be your mirror</a>.”</em></p>
<p>Parmi les sons samplés : <em>Sunday Morning, All Tomorrow&#8217;s parties, There is No Reason [demo], Femme Fatale, Venus in Furs [demo], Venus in Furs [flux ‘Orphée’ mix], The Gift, </em>etc&#8230;</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Velvetflux4.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1719" title="mots&amp;sons_Velvetflux4" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Velvetflux4.jpg" alt="mots&amp;sons_Velvetflux4" width="552" height="368" /></a></p>
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		<title>Patti Smith, Amour Suprême</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Oct 2010 07:43:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_PattiSmith_plume.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1713" title="mots&amp;sons_PattiSmith_plume" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_PattiSmith_plume.jpg" alt="mots&amp;sons_PattiSmith_plume" width="350" height="234" /></a>Il est évident que Patti Smith doit en grande partie sa reconnaissance à son parcours musical – fugace, mais flamboyant ! –, mais il serait bien dommage d’occulter l’extraordinaire écrivain et poète. Certains de ses ouvrages ont fait l’objet de traductions françaises, des écrits en prose dans les années 70, <em>Corps de Plane</em> réédité chez Tristram ou le célèbre <em>Babel, </em>recueil de textes entre 1974 et 1978, publié chez Christian Bourgois.</p>
<p>D’autres ouvrages révèlent une pratique sensible, quasi mystique, de la photographie, comme <em>Charleville </em>ou <em>Statues, </em>construits autour de son attachement profond pour Arthur Rimbaud, mais aussi James Joyce, Virginia Woolf, Fernando Pessoa, Luis Borges et bien d’autres. Tout récemment, <em>Présages d’Innocence, </em>également publié chez Christian Bourgois, atteste d’une pratique poétique sensible qui s’inscrit dans la longue tradition de la littérature anglo-saxonne.</p>
<p>Il faut dire que les livres ont toujours fait partie de sa vie. Dans <em>Just Kids, </em>la sublime autobiographie qu’elle publie conjointement aux Etats-Unis et en France, chez Denöel, elle rappelle que cet amour des livres date de sa plus tendre enfance. <em>« Assise aux pieds de ma mère, je la regardais boire du café et fumer, un livre sur les genoux. Sa concentration m’intriguait. […] J’aimais regarder ses livres, palper leurs pages et soulever le papier de soie qui protégeait leur frontispice. Lorsqu’elle découvrit que j’avais caché son exemplaire rouge sombre du </em>Livre des martyrs <em>de Foxe sous mon oreiller dans l’espoir d’absorber sa signification, elle me fit asseoir à une table et s’attela à la tâche laborieuse de m’apprendre à lire. »</em></p>
<p>La petite Patti apprend vite, et dévore les livres – <em>« J’étais complètement éprise des livres. Je voulais les lire tous, et ceux que je lisais généraient de nouveaux désirs. »</em> Plus tard, un fac-similé des <em>Chants de l’Innocence et de l’expérience </em>de William Blake rejoint ses trésors personnels – <em>« Son nom est ton nom / Car il s’est nommé lui-même Agneau » –, </em>mais l’ouvrage qu’elle ne quitte plus est son édition en français des <em>llluminations </em>d’Arthur Rimbaud.</p>
<p align="right"><span style="color: #800000;"><em>« Un pas de toi, c’est la levée des nouveaux hommes et leur en-marche. »</em><br />
Arthur Rimbaud, <em>À une raison</em></span></p>
<p><em> </em></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_PattiSmith_RobertMapplethorpe2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1714" title="mots&amp;sons_PattiSmith_RobertMapplethorpe" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_PattiSmith_RobertMapplethorpe2.jpg" alt="mots&amp;sons_PattiSmith_RobertMapplethorpe" width="350" height="403" /></a>Patti Smith a déclaré récemment que dans sa vie, elle avait entretenu des relations amoureuses avec plusieurs hommes, dont une sérieuse, fidèle et indéfectible, avec Arthur Rimbaud. <em>« Il détenait les clefs d’un langage mystique, </em>écrit-elle, <em>que je dévorais même lorsque je ne pouvais le déchiffrer tout à fait. » </em>L’autre homme dont il est question dans <em>Just Kids, </em>n’est autre que le célèbre photographe Robert Mapplethorpe, qu’elle rencontre très jeune et avec qui elle vit à la fois ses premiers émois sentimentaux et ses premières tentatives créatives, le dessin d’abord et l’écriture. À la lecture de son récit, on découvre deux artistes à part entière qui ne se posent guère la question de la création, mais qui créent en permanence, avec cette approche médiumnique qui les connecte l’un à l’autre et à leur environnement culturel immédiat : l’appartement qu’ils partagent est l’objet de constants réaménagements, des dessins, des collages sont produits avec une frénésie qui finit par révéler chez Mapplethorpe sa part de tourment. La religion, le sexe inspirent des pièces de plus en plus complexes, avec cette part de trivialité presque morbide qui rompt avec l’insouciance ambiante ; tel un dandy, Robert renoue avec la tradition visuelle du XIX<sup>e</sup> siècle et anticipe les développements androgynes à venir. Michel-Ange, William Blake, Walt Whitman, Oscar Wilde, Jean Genet, Jean Cocteau, Lotte Lenya, Jackson Pollock, Bob Dylan, John Coltrane, Pier Paolo Pasolini, Jean-Luc Godard, John Lennon, les Rolling Stones ou Tim Buckley alimentent leur réflexion artistique à tous les deux, mais Robert s’émancipe, se découvre une autre sexualité, ce qui n’est pas sans troubler Patti. La séparation est inéluctable, mais l’affection demeure…</p>
<p><em>« Oh, prends-les en photo, a dit la femme à son mari un peu perplexe. Je suis sûr que c’est des artistes. Peut-être qu’ils seront quelqu’un, un jour.<br />
- Arrête ton charre. C’est rien que des gamins. »</em></p>
<p>Il est amusant de constater que le rock fait partie de la vie de Patti, mais pas plus ni moins que pour les jeunes gens de sa génération. Il y a pourtant cet instant où elle découvre Jim Morrison sur scène au Fillmore East et ce sentiment étrange d’avoir la capacité, malgré le mythe naissant, d’en faire autant. L’un de ses amis, Ed Hansen, pressent l’attirance nouvelle ; il lui apporte un disque des Byrds, <em>So You Want to Be a Rock’n’roll Star. </em></p>
<p align="right"><span style="color: #800000;"><em>« So you want to be a rock and roll star? / Then listen now to what I say. / Just get an electric guitar /<br />
Then take some time / And learn how to play. »</em><br />
(Ainsi, tu veux devenir une rock’n’roll star ? Alors, écoute ce que je dis :<br />
prends une guitare électrique, prends un peu de temps et apprends à en jouer)<br />
The Byrds, <em>So You Want to Be a Rock’n’roll Star </em></span></p>
<p>Dès lors, le récit s’attache à de nouvelles rencontres, à l’époque où elle vit au Chelsea Hotel : Todd Rundgren, Roger McGuinn des Byrds justement, Edie Sedgwick, les membres du Velvet Underground, Jim Carroll, Bob Dylan – qui lui accorde sa guitare –, Sam Shepard, alors membre des Holy Modal Rounders, Allen Lanier de Blue Öyster Cult – un groupe pour lequel elle écrit des paroles de chansons –, Allen Ginsberg et Lenny Kaye, critique et futur guitariste de son groupe… Malheureusement, on change de période et les disparitions s’enchaînent, celles de John Coltrane, Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Edie Sedgwick, Jim Morrison, John Lennon et finalement, bien plus tard, celle de Robert Mapplethorpe lui-même, alors que Patti Smith a connu la célébrité et qu’elle vit sa retraite artistique au côté de Fred ‘Sonic’ Smith, l’ex-guitariste du MC5. Les pages qu’elle consacre, au début du livre et à la fin, à l’annonce du décès de son compagnon céleste constituent des instants d’émotion pure, silencieux comme une prière intérieure, simplement ponctués par le chant lointain de Maria Callas :</p>
<p align="right"><span style="color: #800000;"><em>« Vissi d’arte, vissi d’amore, non feci mai male ad anima viva ! » </em><br />
(Je vivais pour l’art, je vivais pour l’amour et n’ai jamais fait de mal à quiconque !)<br />
Puccini, <em>Tosca</em> Acte 2</span></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Article à paraître dans <a href="http://www.zutmag.com" target="_blank"><em>Zut ! </em></a>#7 (automne 2010) ;<br />
à lire <a href="http://www.mots-et-sons.com/2010/09/patti-smith-la-priere-silencieuse/" target="_blank"><em>La Prière Silencieuse</em></a>, article paru dans <em><a href="http://www.novomag.fr" target="_blank">Novo</a> </em>#10 (septembre 2010)</strong></p>
<p><strong>Patti Smith, <em>Just Kids, </em>Denoël, sortie le 14 octobre</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Dédicace et rencontre le 19 octobre à 17h30 à La Librairie Kléber.</strong></p>
<p><strong>La Ville de Strasbourg et la Librairie Kléber vous invitent à une soirée avec Patti Smith. Lectures, musique, chansons à partir de 20h à la Cité de la musique et de la danse (entrée libre dans la limite des places disponibles).</strong></p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Info de dernière minute</span> : malgré les grèves annoncées, Patti Smith maintient sa venue à Strasbourg.<br />
</strong></p>
<p><!-- Smart Youtube --><span class="youtube"><object width="425" height="355"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/c3coSfks4rQ&amp;rel=1&amp;color1=d6d6d6&amp;color2=f0f0f0&amp;border=&amp;fs=1&amp;hl=en&amp;autoplay=&amp;showinfo=0&amp;iv_load_policy=3&amp;showsearch=0" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><embed wmode="transparent" src="http://www.youtube.com/v/c3coSfks4rQ&amp;rel=1&amp;color1=d6d6d6&amp;color2=f0f0f0&amp;border=&amp;fs=1&amp;hl=en&amp;autoplay=&amp;showinfo=0&amp;iv_load_policy=3&amp;showsearch=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" width="425" height="355" ></embed><param name="wmode" value="transparent" /></object></span></p>
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		<title>Le collecteur d&#8217;images #1 dans Zut !</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Sep 2010 06:35:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une nouvelle rubrique dans le magazine <em><a href="http://www.zutmag.com" target="_blank">Zut !</a>, </em>le collecteur d&#8217;images.</strong></p>
<p><strong>Le collecteur d’images parcourt les musées, prend des notes, s’informe, et consigne dans son carnet personnel le fruit de ses recherches : reproductions, fragments et citations. Pour sa première documentation visuelle, Klimt, Schiele et les artistes viennois à Bâle, les œuvres de jeunesse de Warhol, Miró à Baden-Baden…</strong></p>
<p><strong>Étape 1, Bâle / Vienne 1900</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Klimt_Beyeler_PoissonsRouges.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1676" title="mots&amp;sons_Klimt_Beyeler_PoissonsRouges" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Klimt_Beyeler_PoissonsRouges.jpg" alt="mots&amp;sons_Klimt_Beyeler_PoissonsRouges" width="350" height="963" /></a>L’exposition Vienne 1900 comble le collecteur d’images : des tableaux, des maquettes, des affiches, des photographies, du mobilier, de la verrerie, de l’argenterie, avec plus de 200 pièces qui restituent toute la modernité des artistes de Vienne au grand tournant du XX<sup>e</sup> siècle. Ils y sont tous représentés, les peintres, les architectes, les musiciens, les “designers”, pour employer un terme anachronique, qui renvoie aux créations d’art appliqué. Les noms sont illustres : Gustav Klimt, Egon Schiele, Arnold Schoenberg – présent à double titre, le musicien initiateur du dodécaphonisme, mais aussi le peintre, dont la correspondance avec Vassily Kandinsky reste révélatrice de préoccupations plastiques et musicales communes –, Oskar Kokoschka, Otto Wagner, Joseph Maria Olbrich, Josef Hoffmann et bien sûr Adolf Loos.</p>
<p>Le collecteur n’a pas vu de si bel ensemble depuis la célèbre exposition parisienne dans les années 80 : Vienne 1880-1938. L’Apocalypse Joyeuse. Il constate avec beaucoup de plaisir l’omniprésence des œuvres de Klimt, leader qui pose les orientations d’un vaste mouvement autour de la Sécession Viennoise, et mentor de bien des artistes à sa suite, parmi lesquels Egon Schiele et Oskar Kokoschka. Des portraits, des paysages, la réplique de la <em>Frise Beethoven, </em>qui ornait le bâtiment de la Sécession, construit en 1898 sur les plans de Joseph Maria Olbrich, égaient son regard ; il s’attarde sur les ornements, isole des instants chromatiques abstraits et revient inlassablement sur <em>Les Poissons Rouges </em>de 1901-02 et un dessin plus tardif, le Nu allongé sur le ventre vers la droite de 1910. Il y voit comme une invitation et se souvient de ces quelques lignes rédigées par l’historien d’art autrichien Werner Hofmann :</p>
<p><em>« En tant que styliste, Klimt ne voit dans l’instinct érotique que l’instigateur des arabesques les plus osées dont le corps humain, seul ou en couple, est capable. Au centre de ces formes sensuelles se trouve la femme. En prenant possession d’elle par sa peinture, Klimt fait de la disponibilité de la femme une métaphore esthétique et érotique : son corps est capable de tout, mais il est aussi modelable – capacité de jouissance totale devenu ligne. »</em></p>
<p>Cette jouissance est source de méfiance pour le jeune Ludwig Wittgenstein, qui affirme la nécessité de <em>« vivre dans le bien et dans le beau jusqu’à ce que la vie s’arrête d’elle-même »</em> quand il est enrôlé et affecté au 2<sup>ème</sup> régiment d’artillerie des forts de Cracovie en août 1914. Elle devient source de tourment et d’<em>« impureté »</em> quand elle se pose en obsession au détriment de l’activité intellectuelle et du travail. <em>« L’homme est impuissant dans la chair, mais </em>libre grâce à l’esprit », note-t-il dans ses carnets secrets, le 16 septembre 1914, alors qu’il entend d’importants coups de canon et de fusil au matin.</p>
<p>Egon Schiele se voit épargner cette guerre absurde – il évite d’aller au front, malgré des obligations militaires qui perturbent son évolution artistique. Issu de la seconde génération d’artistes viennois, il vit la résolution d’un certain nombre de ses conflits intérieurs et grâce à un début de reconnaissance situe l’accomplissement d’un destin possible. La fébrilité laisse place à une assurance nouvelle chez ce peintre en pleine ascension. La grippe espagnole contractée, à la toute fin de la guerre, a malheureusement raison de cet artiste au succès croissant, le 31 octobre 1918.</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_EgonSchiele_Beyeler_Autoportrait.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1679" title="mots&amp;sons_EgonSchiele_Beyeler_Autoportrait" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_EgonSchiele_Beyeler_Autoportrait.jpg" alt="mots&amp;sons_EgonSchiele_Beyeler_Autoportrait" width="350" height="504" /></a>Le collecteur d’images s’est toujours méfié de cet artiste, non pas pour la dimension sulfureuse d’une biographie dont on aime exagérer la part de scandale, mais plus pour l’ambiguïté d’un trait qu’il juge incertain, flou. N’empêche, il s’attache à certaines œuvres  moins connues, notamment ce bel Autoportrait, les mains sur la poitrine de 1910, dont le raffinement intemporel et l’angulosité constituent pour lui une forme d’équilibre parfait entre classicisme et modernité.</p>
<p><em>« Parce qu’il dut mourir à l’âge de vingt-huit ans, tout ce qui d’habitude s’étend sur de longues années, resta fortement condensé. Egon Schiele est simultanément enfant, adolescent, homme mûr et vieillard ; un enfant qui possède la maturité de tout ce qu’on peut vivre, un adolescent qui se sent mourir, un homme en qui tous les excédents d’énergie n’ont pas fini de se dépenser, un vieillard qui vit dans les rêves heureux de l’enfance », </em>écrit Hans Tietze quelques mois après sa mort, en juillet 1919<em> </em></p>
<p>De tous les architectes viennois, Adolf Loos reste celui qui alimente le plus les fantasmes plastiques du collecteur d’images, lequel conserve en mémoire la Colonne du Chicago Tribune de 1922 – une colonne dorique en forme de gratte-ciel –, comme l’un des projets les plus fantasques et peut-être les plus enthousiasmants de la période. Là aussi, il constate que l’esprit révolutionnaire peut servir une forme de tradition et que celui-ci conduit nulle part s’il ne cherche à s’inscrire dans ses propres filiations…</p>
<p><strong>Jusqu’au 16 janvier à la Fondation Beyeler, à Bâle<br />
<a href="http://www.fondationbeyeler.ch" target="_blank">www.fondationbeyeler.ch</a></strong></p>
<p><strong>Étape 2, Bâle / Andy Warhol. The Early Sixties</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_AndyWarhol_Kunstmuseum_BlueLiz.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1681" title="mots&amp;sons_AndyWarhol_Kunstmuseum_BlueLiz" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_AndyWarhol_Kunstmuseum_BlueLiz.jpg" alt="mots&amp;sons_AndyWarhol_Kunstmuseum_BlueLiz" width="350" height="443" /></a>La série télévisée Palettes sur<a href="http://www.arte.tv" target="_blank"> Arte </a>a clairement situé les enjeux des premiers Warhol, en dépassant les clichés généralement formulés sur le pop art et sa critique de la société de consommation. Alain Jaubert y démontre avec maestria que les Marylin et Liz du début des années 60 sont des <em>« icônes comme la Joconde, </em>[qu’]<em>elles ont le même pouvoir de sidération, de fascination », </em>mais qu’elles ont toutes deux un rapport à la mort. L’extrême dépouillement de ces portraits, leur approche sérielle, de même que la répétition de produits manufacturés, les boîtes de Campbell Soup, téléviseurs, bouteilles de Coca-Cola et autres natures mortes contemporaines, renvoient à certaines Vanités, ces images dans la peinture des XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> censées nous rappeler que nous allons tous mourir. Ils expriment indirectement un point de vue sur la vanité de l’art et dans un mouvement narcissique très subtil confrontent Andy Warhol à sa propre vision d’un art désincarné, mécanique, dont on pourrait soustraire l’artiste lui-même.</p>
<p>Malgré les nombreuses rétrospectives consacrées à Andy Warhol, le collecteur d’images ne se lasse pas ; il s’attache avec toujours autant de plaisir à cette imagerie pop, qui pose les fondements de l’art actuel, insistant à la fois sur sa fulgurance et sa fugacité.</p>
<p><strong>Jusqu’au 23 janvier au Kunstmuseum, à Bâle<br />
<a href="http://www.kunstmuseumbasel.ch" target="_blank">www.kunstmuseumbasel.ch</a></strong></p>
<p><strong>Étape 3, Karlsruhe / Viaggio in Italia. Voyages d’artistes 1770-1880<br />
</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_CamilleCorot_StaatlischeKunsthalleKarlsruhe_Paysage.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1683" title="mots&amp;sons_CamilleCorot_StaatlischeKunsthalleKarlsruhe_Paysage" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_CamilleCorot_StaatlischeKunsthalleKarlsruhe_Paysage.jpg" alt="mots&amp;sons_CamilleCorot_StaatlischeKunsthalleKarlsruhe_Paysage" width="350" height="250" /></a>Il fut un temps où le voyage en Italie faisait partie de la formation de tout jeune artiste. Durant son séjour, celui-ci se confrontait à l’œuvre des grands maîtres, se familiarisait avec les nouvelles iconographies, se formait aux techniques picturales et parcourait les sites architecturaux.</p>
<p>Les productions de ces voyages constituent des volumes considérables au sein des collections de la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe. Pour une première sélection, il s’agissait de trouver une thématique ; l’option du paysage est courageuse, mais celle-ci révèle des traitements infinis, parmi les 150 peintures, cartons grand format, gravures, esquisses, dessins, aquarelles et études à l’huile réunis pour l’occasion. Le collecteur d’images s’émerveille, découvre des œuvres méconnues de Claude Lorrain, Jean-Honoré Fragonard ou même Camille Corot, qui manifeste une approche pré-impressionniste sidérante ; il compare les approches française, allemande et européenne, établit des relations entre les artistes représentés, lesquels ont parfois cheminé ensemble, avant de trouver leur propre voie plastique. Il s’attarde enfin sur les représentations sensibles du quotidien – certains diraient du “réel” –, et y découvre une source d’émotion visuelle inespérée.</p>
<p><strong>Jusqu’au 28 novembre à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe<br />
<a href="http://www.kunsthalle-karlsruhe.de" target="_blank">www.kunsthalle-karlsruhe.de</a></strong></p>
<p><strong>Étape 4, Baden Baden / Miró au Musée Frieder Burda<br />
</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Miro_MuseumFriederBurda.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1685" title="mots&amp;sons_Miro_MuseumFriederBurda" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Miro_MuseumFriederBurda.jpg" alt="mots&amp;sons_Miro_MuseumFriederBurda" width="350" height="527" /></a>Pablo Picasso lui avait dit : <em>« Après moi, c’est toi qui ouvres des portes. » </em>Miró a dû apprécier le compliment, d’autant plus qu’il n’a eu de cesse de franchir de nouvelles limites plastiques : dès ses premières années à Barcelone, il est en contact avec les avant-gardes, se lie d’amitié avec Picasso justement, mais aussi avec les artistes, écrivains et intellectuels qu’il rencontre à Paris avant même de s’y installer, André Masson, Paul Eluard, Robert Desnos, Tristan Tzara et Antonin Artaud.</p>
<p>Dans le cadre de la grande exposition que lui consacre le Musée Frieder Burda, le collecteur d’images mesure le chemin parcouru par l’artiste et ses tentatives successives : les périodes du <em>« réalisme magique » </em>(1921-24), celle de ses <em>« peintures de rêve » </em>(1925-28), le recours aux collages, les premiers assemblages d’objets bruts, la réalisation des sculptures, gravures et céramiques au cours de la Seconde Guerre mondiale, au moment de sa reconnaissance américaine.</p>
<p>À la suite d’un séjour new-yorkais, Miró se <em>« libère au-delà des limites », </em>et pousse le processus pictural jusqu’à atteindre une forme d’épure ultime, comme c’est le cas avec cette magnifique <em>Goutte d’eau sur la neige rose </em>de 1968. Il reste connecté aux bouleversements de son temps, il en sent intimement les soubresauts violents, tente de contenir ceux-ci avec la sagesse du peintre au faîte de sa gloire, mais la peinture continue d’exprimer son inquiétude manifeste. Le collecteur d’images a beau griffonner nerveusement son carnet – comme pour marquer une distance –, il n’en sort pas moins bouleversé.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Jusqu’au 14 novembre au Musée Frieder Burda à Baden-Baden</strong><a href="http://www.museum-frieder-burda.de/"><strong><br />
www.museum-frieder-burda.de</strong></a></p>
<p>Crédits :</p>
<p>Gustav Klimt<br />
Les poissons rouges, 1901/02<br />
Huile sur toile, 181 x 67 cm<br />
Kunstmuseum Solothurn<br />
Dübi-Müller-Stiftung</p>
<p>Egon Schiele<br />
Autoportrait, les mains sur la poitrine, 1910<br />
Fusain, aquarelle et blanc opaque, 44.8 x 31.2 cm<br />
Kunsthaus Zug, Stiftung Sammlung Kamm</p>
<p>Andy Warhol<br />
Blue Liz as Cleopatra, 1962<br />
Acryl, Siebdruckfarbe und Bleistift auf Leinwand<br />
208.9 x 165.1 cm<br />
Daros Collection, Schweiz<br />
Photo: Daros Collection, Schweiz<br />
© The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / 2010, ProLitteris, Zurich</p>
<p>Camille Corot<br />
Felsiges Waldtal bei Civita Castellana, 1826/27<br />
Öl auf Papier auf Leinwand<br />
Photo : SKK, Wolfgang Pankoke</p>
<p>Miró<br />
Successió Miró / VG Bild-Kunst, Bonn 2010<br />
Photo : Joan Ramon Bonet</p>
<p><!-- @font-face {   font-family: "Times"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }@font-face {   font-family: "Frutiger LT Std 45 Light"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: "Times New Roman"; }p { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 10pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; } --></p>
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		<title>Glenn Gould, la tentation de l&#8217;isolement</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Sep 2010 07:22:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Je rêve depuis des années, et je désespère d’y arriver jamais, de passer au moins un hiver entier au nord du cercle arctique. Tout le monde peut y aller en été, quand le soleil est levé, mais je dis que je ne voudrais y aller au moment où le soleil est couché. Vraiment je le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><em>« Je rêve depuis des années, et je désespère d’y arriver jamais, de passer au moins un hiver entier au nord du cercle arctique. Tout le monde peut y aller en été, quand le soleil est levé, mais je dis que je ne voudrais y aller au moment où le soleil est couché. Vraiment je le voudrais et je vous dis que j’irais un de ces jours. »</em> (Glenn Gould, <em>Entretiens avec Jonathan Scott)</em></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_GlennGould.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1592" title="mots&amp;sons_GlennGould" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_GlennGould.jpg" alt="mots&amp;sons_GlennGould" width="350" height="458" /></a>L’Histoire est peuplée de ces écrivains, artistes et acteurs magnifiques qui ont décidé de renoncer. Arthur Rimbaud, Marcel Duchamp, Greta Garbo, la liste est longue et les raisons très variables. Quand Glenn Gould décide d’arrêter de se produire sur scène à l’âge de 32 ans, le 10 avril 1964, après un concert à Los Angeles, il le fait parce qu’il n’aimait ni le public, ni les instants de concert qu’il comparait à une corrida, un match de boxe ou un jeu d’échecs. En 1965, il embarque sur le Muskeg Express et franchit les milliers de kilomètres séparant Winnipeg dans la province du Manitoba de Fort Churchill, la ville la plus proche du cercle polaire arctique que l’on puisse rallier en train dans le Grand Nord Canadien.</p>
<p>Pour Gould, le Nord est synonyme d’<em>« extraordinaire désolation »,</em> comme peut l’être l’intimité de l’homme, mais aussi et surtout il magnifie l’isolement auquel le pianiste semble naturellement aspirer. Dans une lettre datée du 6 septembre 1965 à Ekaterina Gvozdeva Cergueieuna, sa traductrice russe, il rend compte de ce voyage avec beaucoup d’enthousiasme : <em>« Aussi loin que remontent mes souvenirs, la géographie de l’Arctique m’a toujours fasciné et, cette année, j’ai enfin décidé d’aller voir de mes yeux de quoi cela avait l’air. […] Ce furent les deux semaines les plus extraordinaires que j’aie jamais passées. » </em>Et de rajouter, <em>« Je suis revenu de mon expédition dans le Grand Nord avec un enthousiasme décuplé qui va m’aider à affronter un autre hiver en ville, ce qui est ma hantise, vous le savez. » </em>De cet enthousiasme naît un documentaire radiophonique sur la vie dans le Grand Nord, <em>The Idea of North, </em>un texte “écrit sur bande”, que la C.B.C. – la radio et télévision canadiennes – l’a finalement mis au défi de réaliser en 1967, pour une diffusion le 28 décembre de la même année.</p>
<p>Le spectacle <em>L’Idée du Nord </em>recrée les conditions de cet enregistrement : une cabine de radio, des micros déplacés aux quatre coins d’un espace tout blanc, un rouge antenne, et des acteurs qui viennent dire les éléments d’une dramatique tout en incarnant, parfois en même temps, les éléments de la pensée de Glenn Gould, à un moment précis de sa vie, moment charnière s’il en est dans sa carrière d’artiste où il passe de l’interprétation à la création.</p>
<p><strong>L&#8217;Idée du Nord, un spectacle de Benoit Giros du 9 novembre au 20 novembre au TNS, à Strasbourg<br />
<a href="http://www.tns.fr" target="_blank">www.tns.fr</a></strong></p>
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		<title>Patti Smith, la prière silencieuse</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Sep 2010 08:19:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature M&S]]></category>
		<category><![CDATA[Musique M&S]]></category>
		<category><![CDATA[Arthur Rimbaud]]></category>
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		<description><![CDATA[Patti Smith publie chez Denoël un ouvrage sur ses souvenirs avec Robert Mapplethorpe, Just Kids. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, cette grande figure rencontre le public à la Librairie Kléber à Strasbourg le 19 octobre à 17h30 et propose une lecture, suivie d’un instant musical, à la Cité de la musique et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Patti Smith publie chez Denoël un ouvrage sur ses souvenirs avec Robert Mapplethorpe, <em>Just Kids. </em>Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, cette grande figure rencontre le public à la <a href="http://www.librairie-kleber.com/" target="_blank">Librairie Kléber</a> à Strasbourg le 19 octobre à 17h30 et propose une lecture, suivie d’un instant musical, à la Cité de la musique et de la danse à Strasbourg.</strong></p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_PattiSmith_RobertMapplethorpe.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1510" title="mots&amp;sons_PattiSmith_RobertMapplethorpe" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_PattiSmith_RobertMapplethorpe.jpg" alt="mots&amp;sons_PattiSmith_RobertMapplethorpe" width="350" height="559" /></a>On est saisi dès les premières pages de <em>Just Kids </em>de Patti Smith, quand elle évoque la disparition de son ami, frère – et ancien amant – Robert Mapplethorpe, des suites du sida. Il y a une justesse qui touche d’emblée le lecteur. On sait dès lors que le récit qui suit est porteur d’une charge particulière qui mêle intimité, bonheur et drame. Le même coup de téléphone, au début et à la fin de l’ouvrage, encadre à deux instants distincts cette longue chronique des riches heures new-yorkaises, au cours desquelles les deux amis découvrent leur propre mode d’expression avec la même soif créative ; ils cheminent en parallèle – la poésie et la performance pour elle, la photographie pour lui – à une époque où les arts et le rock’n’roll s’entremêlent, et se rejoignent le temps d’une séance mythique pour l’image qui symbolise toute une époque : la pochette du premier album de Patti Smith, <em>Horses. </em></p>
<p>Cette image solde tout à la fois, les résidus de l’âge d’or – ou supposé comme tel des années 60 – les idéaux qu’on y associait et les illusions qui allaient avec, pour ouvrir une nouvelle ère : celle du punk qui fait table rase, avec cynisme souvent, mais parfois avec lucidité, loin de toute peur – si ce n’est <em>« de la peur elle-même ».</em></p>
<p>Avec une certaine grandeur, l’image de Patti Smith ce jour-là continue d’incarner cette rupture ; belle et androgyne, la chanteuse et poète s’impose comme la nouvelle icône de son temps, à l’image d’Arthur Rimbaud, modèle et source d’inspiration permanente. <em>« Rimbaud détenait les clefs d’un langage mystique que je dévorais même lorsque je ne pouvais le déchiffrer tout à fait »</em>, se souvient-elle au début de l’ouvrage.<em> </em></p>
<p>Le succès qui suit conduit à la renonciation pour elle, il conduit à la mort pour lui. Il reste le souvenir d’un amour d’une force considérable, qui traverse avec sobriété chaque anecdote : leur rencontre au cours de l’été 1967 à l’heure des enfants fleurs, le premier portrait, les lectures de William Blake, les instants partagés de Brooklyn à Coney Island, la vie ensemble au Chelsea Hotel, et puis les aveux de Robert concernant son homosexualité… Contrairement à d’autres ouvrages qui tentent de retracer la période – on pense notamment à <em>Please Kill Me </em>de Legs McNeil &amp; Gillian McCain –, ici aucune complaisance, mais bien au contraire, une poésie constante qui se construit autour d’une relation sublimée, revécue des années après avec la même intensité.</p>
<p><strong>Article paru dans <em><a href="http://www.novomag.fr" target="_blank">Novo</a> </em>#10 (septembre-novembre 2010)</strong></p>
<p><strong>Patti Smith, <em>Just Kids, </em>Denoël, sortie le 14 octobre</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Dédicace et rencontre le 19 octobre à 17h30 à La Librairie Kléber.</strong></p>
<p><strong>La Ville de Strasbourg et la Librairie Kléber vous invitent à une  soirée avec Patti Smith. Lectures, musique, chansons à partir de 20h à  la Cité de la musique et de la danse (entrée libre dans la limite des  places disponibles).</strong></p>
<p><strong><span style="color: #800000;">Info de dernière minute</span> : malgré les grèves annoncées, Patti Smith maintient sa venue à Strasbourg.</strong></p>
<p><strong>À lire : <a href="http://www.mots-et-sons.com/2010/10/patti-smith-amour-supreme/" target="_blank">Patti Smith, Amour Suprême</a><br />
</strong></p>
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