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	<title>mots et sons &#187; Carnet M&amp;S</title>
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		<title>Un dessin (encre de Chine et marc de café)</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Oct 2011 13:56:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet M&S]]></category>

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		<description><![CDATA[En fouillant dans mes petites archives digitales, j&#8217;ai retrouvé un scan de ce dessin publié en 2006.
C&#8217;est drôle, mais je l&#8217;aime assez.

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			<content:encoded><![CDATA[<p>En fouillant dans mes petites archives digitales, j&#8217;ai retrouvé un scan de ce dessin publié en 2006.<br />
C&#8217;est drôle, mais je l&#8217;aime assez.</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_SurLaRaide.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3035" title="mots&amp;sons_SurLaRaide" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_SurLaRaide.jpg" alt="mots&amp;sons_SurLaRaide" width="350" height="561" /></a></p>
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		<title>Le port du non-retour</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Jun 2011 06:44:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet M&S]]></category>

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		<description><![CDATA[(pour Gabriel)
Marseille, 21 mai, 13h.
De retour de Cannes, je passe par Marseille. À chaque halte dans cette ville – pour laquelle je n’ai qu’une affection toute relative –, je ne peux m’empêcher de me souvenir de cette fois-là où mon père avait insisté, sur le trajet en voiture Strasbourg-Montpellier, pour faire un « crochet » pour voir le port [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(pour Gabriel)</em></p>
<p>Marseille, 21 mai, 13h.</p>
<p>De retour de Cannes, je passe par Marseille. À chaque halte dans cette ville – pour laquelle je n’ai qu’une affection toute relative –, je ne peux m’empêcher de me souvenir de cette fois-là où mon père avait insisté, sur le trajet en voiture Strasbourg-Montpellier, pour faire un <em>« crochet » </em>pour voir le port de Marseille. Pendant très longtemps, je ne savais pourquoi j’associais une forme d’angoisse à ce micro événement survenu dans la longue liste des péripéties que nous connaissions lors de nos départs en vacances, mais les choses se sont éclaircies tout récemment.</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Marseille21.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2728" title="mots&amp;sons_Marseille2" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Marseille21.jpg" alt="mots&amp;sons_Marseille2" width="350" height="399" /></a>Mon père avait l’habitude de voyager de nuit, ce qui avait pour avantage de me permettre de dormir à l’arrière de la voiture pendant une bonne partie du trajet. Mais ce matin-là, après une nuit de route, il a tenu à me réveiller pour me faire partager son émotion à la découverte du port. Moi, hagard, je l’ai interrogé sur la distance parcourue depuis le départ, et surtout je lui ai demandé de me montrer sur la carte IGN d’où on venait et où on était. À le voir me désigner du doigt les autoroutes entre Strasbourg et Marseille, une angoisse m’a envahi, une angoisse que j’ai attribuée longtemps à la prise de conscience de l’étendue de l’espace qui me séparait de chez moi. Cette angoisse ne m’a plus jamais quitté, et à chaque départ, la crainte de ne pouvoir revenir l’emportait largement sur le plaisir du départ. À ma connaissance, il n’y a pas d’exception à la règle. Mais aujourd’hui, les choses semblent bien plus compliquées : je ne mesurais pas ce que mon père attachait lui-même à la vision du port de Marseille, et surtout au bal des bateaux en partance vers l’Afrique – <em>« Vois-tu, </em>me disait-il<em>, celui-là, il y va ! » </em>Je ne m’étais jamais interrogé sur la destination de ces bateaux ; j’y voyais une part de rêve liée à l’enfance, la taille des bateaux, leur beauté, quelque chose qu’il voulait partager avec le gamin que j’étais. Ça n’est que tout récemment – près de 40 ans plus tard –, en discutant avec une amie, que j’ai pu me rendre compte précisément de ce qu’il cherchait à me dire alors : Marseille, il y avait combattu ; la ville, il l’avait libérée ; mais cette ville était aussi le lieu d’arrivée de sa famille en 1962 et enfin ce port était le lieu de départ vers chez lui, vers son Algérie. Ce qu’il me disait indirectement ce jour-là, c’était le mal d’un pays dans lequel il ne pouvait plus retourner. Le mal de son pays. Contrairement à beaucoup de pieds noirs, je n’ai jamais surpris aucune forme de nostalgie, ni de souffrance véritable, dans sa manière de me raconter l’Algérie. Contrairement à ses parents, il s’était installé après la Campagne d’Allemagne, à Strasbourg, et y vivait dans les meilleures conditions. Il m’a expliqué qu’il avait pressenti les événements d’Algérie bien avant qu’ils ne commencent, et supposait un départ anticipé de sa famille, et du coup je ne lui associais aucun regret. C’était pourtant faire fi de la souffrance intérieure de cet homme qui n’a découvert le Continent qu’en venant y faire la guerre, au moment du débarquement du 15 août 1944 à Toulon, avec ses frères d’armes, Algériens, Marocains, Sénégalais – combien de fois, il me contait la bravoure, l’amitié et même l’amour qu’il portait à ces hommes-là. Mais au-delà du souvenir et des récits semi légendaires, il restait l’attachement de l’homme à sa terre, celle de Guelma, sa ville de naissance, celle de Batna, celle de Constantine. L’angoisse que je percevais ce jour-là n’était pas la mienne, c’était le sanglot discret, mais manifeste, d’un homme éloigné d’une terre qu’il ne foulerait plus jamais. Cette angoisse, du haut de mes 6 ans, je l’ai reçue fortement, très fortement, toute comme une profonde mélancolie que mon père m’a léguée en héritage, mais je n’avais guère su l’analyser.</p>
<p align="center">*</p>
<p>Et pourtant des signes auraient dû m’alerter. C’est ce très cher Rachid Taha qui lors d’un entretien en 2002 m’a renvoyé ce que je n’avais jamais su voir de cette douleur. Au cours de l’interview, je lui évoquais cette forme de mélancolie qu’on rencontre dans certaines de ses chansons ; la thématique sentimentale cache, lui disais-je alors, une autre forme de douleur, plus insidieuse. Et lui de me répondre avec gravité qu’il portait la douleur de ses parents – <em>« Comme beaucoup de parents immigrés, ils ont quelque part dans leur appartement, une télévision neuve encore emballée qu’ils destinent à là-bas, au moment du retour. Mais comme pour beaucoup de parents immigrés, cette télé ne sera jamais déballée. » </em>Et subitement, il me regarda et me pointa. <em>« Mais cette douleur-là, vous la connaissez vous aussi, en tant que fils de pied noir. Votre père, lui non plus, ne peut [ou n’a pas pu] retourner chez lui. » </em>Ce jour-là, Rachid m’avait mouché, sans aucune malice de sa part. Il révélait une chose à laquelle je n’avais songée. Je me sentais d’autant plus fragilisé que je découvrais le niveau de maladresse dont j’avais pu faire preuve.</p>
<p>Autre signe : je conserve une K7 vidéo d’une série extraordinaire sur la Guerre d’Algérie ; elle a été initiée par des journalistes de la BBC, qui ont mené un travail de recherche documentaire sur le conflit. Je peux l’affirmer : dans la dernière image du documentaire qui montre des passagers en train de traverser la passerelle qui donne accès au bateau, on distingue très nettement un couple : mes grands parents en 1962. Mon grand père s’apprête à parcourir la maigre distance qui le sépare du ponton, il s’arrête et fixe au loin la caméra qui est en train de figer cet événement pour l’éternité. C’est mon grand père – ça c’est la coïncidence heureuse –, mais c’est aussi le grand père de tous les enfants, petits enfants et arrière petits-enfants des rapatriés. Le commentaire de la vidéo insistait sur la douleur profonde de la population pied noire, coupable de ses errances politiques au cours de la période, de ses excès, mais plongée dans une souffrance extrême, profondément injuste, comme seules les populations privées de leur terre pouvaient la vivre. Ce grand père, comme tous les grands pères de leur génération avaient rendez-vous avec sa propre destinée. Mais c’est précisément ce grand-père-là que nous allions visiter lors de notre crochet en voiture à Marseille.</p>
<p>Dernier signe : je ne m’étais jamais interrogé sur le sens d’un certain nombre d’images qui figuraient dans la boîte à photos familiales – chez moi, pas d’albums, pas de mémoire, une boîte ! Mêlées à des instantanés tout à fait insignifiants, elles figuraient des personnes que je ne connaissais pas, réunies apeurées, sur un bateau. Ces photographies expriment une solennité étrange, celle de l’urgence, comme si on avait voulu marquer l’instant pour l’oublier aussitôt. Il y a quelques années, alors que je rendais visite à des cousins et petits cousins de mon père, on m’a ouvert les albums de famille : j’y retrouvais les photos en question ; mes hôtes m’identifiaient toutes ces personnes qui n’étaient autres que les parents et grands parents de ces cousins, le jour de la traversée vers le Continent. Je me sentais épargné ce jour-là par la douleur qu’ils associaient à leur départ précipité ; j’étais loin de me douter que tout ce que j’avais pu ressentir enfant, et que je continuais de ressentir plus fortement depuis la mort de mon père était cette même douleur de l’impossible retour.</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Marseille1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2730" title="mots&amp;sons_Marseille1" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Marseille1.jpg" alt="mots&amp;sons_Marseille1" width="630" height="401" /></a></p>
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		<title>Somewhere Over the Rainbow</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Oct 2010 10:49:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet M&S]]></category>
		<category><![CDATA[Judy Garland]]></category>
		<category><![CDATA[Sandrine Mallick]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est amusant, mais de I&#8217;ll Be Your Mirror du Velvet Underground, Jeanne Barbieri passe volontiers à Somewhere Over The Rainbow de Judy Garland. Elle me chantonnait cet air, à l&#8217;issue de notre performance à Sainte-Marie-aux-Mines.
Du coup, je me suis souvenu de cette affection lointaine à cette immense artiste américaine. Ça remonte à la fin de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_JudyGarland.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1733" title="mots&amp;sons_JudyGarland" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_JudyGarland.jpg" alt="mots&amp;sons_JudyGarland" width="350" height="444" /></a>C&#8217;est amusant, mais de <em>I&#8217;ll Be Your Mirror </em>du Velvet Underground, Jeanne Barbieri passe volontiers à <em>Somewhere Over The Rainbow </em>de Judy Garland. Elle me chantonnait cet air, à l&#8217;issue de notre performance à Sainte-Marie-aux-Mines.</p>
<p>Du coup, je me suis souvenu de cette affection lointaine à cette immense artiste américaine. Ça remonte à la fin de mon adolescence et surtout à ces instants où une amie chanteuse, Sandrine Mallick, m&#8217;interprétait de larges extraits de <em>A Star is Born, </em>dont j&#8217;avais trouvé une belle édition vinyle lors de mon premier séjour  parisien en 1984 – une édition depuis longtemps perdue dans les abîmes  du temps<em>. </em>Depuis, je garde une émotion particulière quand j&#8217;écoute <em>The Man That Got Away</em>.</p>
<p>C&#8217;est drôle, mais ce matin – étonnante coïncidence – je reçois une alerte d&#8217;amazon.co.uk, la version anglais d&#8217;amazon, qui me signale David Bowie, la réédition de <em>Station to Station</em>, un <em>Live at Seeds </em>de John Martyn et un coffret de raretés de Judy Garland, <em>Lost Tracks 1929-59.</em> Je sais bien que c&#8217;est statistique, mais que ce site soit ainsi connecté à nos envies, c&#8217;est tout de même troublant. C&#8217;est un peu comme si le moteur de recherche anticipait notre propre pensée, mais aussi les circonstances du moment.</p>
<p>Ceci dit, ça reste assez plaisant : l&#8217;idée qu&#8217;amazon puisse vous suggérer, tel le disquaire d&#8217;antan, les perles dont vous ne soupçonnez pas l&#8217;existence me séduit assez. Après, tout dépend du niveau de culture du pays concerné par son moteur de recherche. Amazon.fr, la version française du site de ventes en ligne, me propose par mail des “merdes” à 6€99, un Best Of de Vanessa Paradis, un disque de Michel Berger et une mauvaise compilation d&#8217;Abba. Malgré la présence des Doors et de Radiohead dans cette liste de suggestions, la comparaison est saisissante. Ça en dit presque long sur l&#8217;état de la culture dans notre pays. Ça n&#8217;est malheureusement pas rassurant&#8230; Je m&#8217;exile mentalement et retourne vite fait sur amazon.co.uk, en Angleterre donc, pour me commander mon petit coffret de Judy Garland !</p>
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		<title>“Sweet” Jeanne à Sainte-Marie-aux-Mines</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Oct 2010 13:07:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une photo publié dans L&#8217;Alsace du 9 octobre de la performance I&#8217;ll be your mirror autour du Velvet Underground, par le flux4 quartet. “Sweet” Jeanne Barbieri en pleine improvisation sur les voix samplés d&#8217;un texte de Sylvia Plath lu par Pascale Garat, à côté des vidéos traitées en direct par Olivier Legras, dans le kino-underground [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une photo publié dans <em>L&#8217;Alsace</em> du 9 octobre de la performance<em> <a href="http://www.mots-et-sons.com/2010/09/ill-be-your-mirror-performance-video-radiophonique-a-cest-dans-la-vallee/" target="_blank">I&#8217;ll be your mirror</a></em> autour du Velvet Underground, par le flux4 quartet. “Sweet” Jeanne Barbieri en pleine improvisation sur les voix samplés d&#8217;un texte de Sylvia Plath lu par Pascale Garat, à côté des vidéos traitées en direct par Olivier Legras, dans le kino-underground pour l&#8217;inauguration du festival C&#8217;est dans la Vallée (la dixième édition anniversaire).</p>
<p>Dans les DNA du samedi 9 octobre, un compte-rendu signé Anne Muller <em>:  “Rebaptisé l&#8217;Underground Kino, le sous-sol du superbe théâtre  centenaire de Sainte-Marie-aux-Mines a accueilli une performance  vidéo-radiophonique live du <a href="../2010/09/ill-be-your-mirror-performance-video-radiophonique-a-cest-dans-la-vallee/" target="_blank">flux4 quartet</a>,  autour du Velvet Underground. Balbutiements, borborygmes, gazouillis  dans les oreilles, neige de points colorés, galop de pixels obèses –  C&#8217;est <a href="../2010/09/ill-be-your-mirror-performance-video-radiophonique-a-cest-dans-la-vallee/" target="_blank">I&#8217;ll be your mirror</a>.”</em></p>
<p>Parmi les sons samplés : <em>Sunday Morning, All Tomorrow&#8217;s parties, There is No Reason [demo], Femme Fatale, Venus in Furs [demo], Venus in Furs [flux ‘Orphée’ mix], The Gift, </em>etc&#8230;</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Velvetflux4.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1719" title="mots&amp;sons_Velvetflux4" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Velvetflux4.jpg" alt="mots&amp;sons_Velvetflux4" width="552" height="368" /></a></p>
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		<title>I&#8217;ll be your mirror, performance vidéo-radiophonique de flux4 à C&#8217;est dans la Vallée !</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 17:52:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts M&S]]></category>
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C&#8217;est officiel, le flux4 quartet (Pascale Garat, Jeanne Barbieri, Olivier Legras et Emmanuel Abela) est programmé pour une performance vidéo-radiophonique autour du Velvet Underground le 7 octobre, au moment de l&#8217;inauguration du festival C&#8217;est dans la Vallée, à l&#8217;Underground Kino – entendez, le sous-sol du Théâtre aménagé en cinéma permanent durant les quatre jours du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_TheVelvetUnderground_Nico_UndergroundKino.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1450" title="mots&amp;sons_TheVelvetUnderground_Nico_UndergroundKino" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_TheVelvetUnderground_Nico_UndergroundKino.jpg" alt="mots&amp;sons_TheVelvetUnderground_Nico_UndergroundKino" width="350" height="294" /></a></p>
<p>C&#8217;est officiel, le flux4 quartet (Pascale Garat, Jeanne Barbieri, Olivier Legras et Emmanuel Abela) est programmé pour une performance vidéo-radiophonique autour du Velvet Underground le 7 octobre, au moment de l&#8217;inauguration du festival C&#8217;est dans la Vallée, à l&#8217;Underground Kino – entendez, le sous-sol du Théâtre aménagé en cinéma permanent durant les quatre jours du festival (du 7 au 10 octobre).</p>
<p>Au programme, échantillons saturés du Velvet, voix, vidéo et images travaillées en live.</p>
<p style="text-align: left;">La thématique de la performance est inspirée d&#8217;un texte de Jon Savage, extrait de l&#8217;ouvrage collectif <em>The Velvet Underground, Un mythe new-yorkais</em> : <em></em></p>
<p><em>Reflet dans un miroir : Andy Warhol, le Velvet Underground et l&#8217;année 66.</em></p>
<p><em></em>Extrait<em> </em>:<em> « Le miroir est un concept malléable, contradictoire : dur et précis, argenté et sybillin. Il peut refléter l&#8217;âpre réalité du matin ou bien offrir une ouverture sur un autre monde – au sens littéral dans l&#8217;incomparable </em>Orphée <em>de Jean Cocteau.</em> <em>»</em></p>
<p>Un autre texte servira de fil conducteur, il est signé Sylvia Plath. Il nous est suggéré par Pascale avec beaucoup d&#8217;à-propos :</p>
<p style="text-align: left;"><em>Mirror </em>(1961)</p>
<p>I am silver and exact. I have no preconceptions.<br />
Whatever I see, I swallow immediately.<br />
Just as it is, unmisted by love or dislike<br />
I am not cruel, only truthful –<br />
The eye of a little god, four-cornered.<br />
Most of the time I meditate on the opposite wall.<br />
It is pink, with speckles. I have looked at it so long<br />
I think it is a part of my heart. But it flickers.<br />
Faces and darkness separate us over and over.</p>
<p>Now I am a lake. A woman bends over me.<br />
Searching my reaches for what she really is.<br />
Then she turns to those liars, the candles or the moon.<br />
I see her back, and reflect it faithfully<br />
She rewards me with tears and an agitation of hands.<br />
I am important to her. She comes and goes.<br />
Each morning it is her face that replaces the darkness.<br />
In me she has drowned a young girl, and in me an old woman<br />
Rises toward her day after day, like a terrible fish.</p>
<p style="text-align: left;"><!-- Smart Youtube --><span class="youtube"><object width="425" height="355"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/0cWzxJvgWc8&amp;rel=1&amp;color1=d6d6d6&amp;color2=f0f0f0&amp;border=&amp;fs=1&amp;hl=en&amp;autoplay=&amp;showinfo=0&amp;iv_load_policy=3&amp;showsearch=0" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><embed wmode="transparent" src="http://www.youtube.com/v/0cWzxJvgWc8&amp;rel=1&amp;color1=d6d6d6&amp;color2=f0f0f0&amp;border=&amp;fs=1&amp;hl=en&amp;autoplay=&amp;showinfo=0&amp;iv_load_policy=3&amp;showsearch=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" width="425" height="355" ></embed><param name="wmode" value="transparent" /></object></span></p>
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		<title>Jukebox Baby 1967</title>
		<link>http://www.mots-et-sons.com/2010/07/jukebox-baby-1967/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 13:55:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pendant très longtemps, je croyais cette image le fruit de mon imagination, ou la vague réminiscence d’un rêve enfoui : un jukebox est posé là dans un salon, au milieu de personnes qui échangent entre elles ; je vois la scène d’en haut, et sans savoir pourquoi j’attribue à l’événement une charge dramatique.
Exit l’imagination, exit le rêve, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant très longtemps, je croyais cette image le fruit de mon imagination, ou la vague réminiscence d’un rêve enfoui : un jukebox est posé là dans un salon, au milieu de personnes qui échangent entre elles ; je vois la scène d’en haut, et sans savoir pourquoi j’attribue à l’événement une charge dramatique.</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Jukebox_Elvis750.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1328" title="mots&amp;sons_Jukebox_Elvis750" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_Jukebox_Elvis750.jpg" alt="mots&amp;sons_Jukebox_Elvis750" width="350" height="466" /></a>Exit l’imagination, exit le rêve, les éléments se recoupent, l’instant est identifiable, il est même clairement identifié : mes parents viennent de vendre le jukebox qu’ils avaient acquis pour leur restaurant à Oberhoffen-sur-Moder. Une fois le restaurant vendu, ils se débarrassent des dernières affaires, dont ce jukebox. L’environnement que je situe précisément, l’entrée dans un immeuble, la montée de l’escalier, le mobilier dans le salon, me conforte dans l’idée que cette vente a bien eu lieu et qu’elle constitue mon tout premier souvenir visuel. Très tôt, alors que je n’ai pas vingt mois.</p>
<p>Pourquoi cette image a-t-elle échappé à l’amnésie infantile ? Pourquoi est-elle demeuré si vivace ? La réponse est peut-être à chercher dans une photo entretemps malheureusement disparue. Celle-ci représentait un groupe de jeunes gens en train de festoyer. La figure centrale du groupe était un jeune homme blond, qui se distinguait par son charisme et son enthousiasme. Quand j’étais enfant, j’interrogeais mes parents sur la présence et le sens de cette photo. Ils me désignaient le jeune homme : <em>« Tu sais, ce garçon venait à tous les bals que nous organisions et il ne manquait pas une occasion de venir te voir dormir et te bercer. » </em></p>
<p>Un soir, malheureusement, sa mobylette a quitté la route et le jeune homme est tombé dans un ravin. On ne l’a retrouvé que bien des jours après. Des blessures au bout des doigts rendaient compte de ses vaines tentatives pour escalader la paroi. Je ne peux m’empêcher de penser que ces doigts avaient servi par ailleurs à placer une pièce dans notre jukebox pour écouter de la musique ou à effleurer les hanches des jeunes filles avec lesquels ce garçon flirtait dans la salle de bal du restaurant de mes parents. Je donnerai cher pour savoir quel morceau il choisissait à cette occasion-là. Au moment des événements, nous nous situons en 1967 et sur la période nous n’avons que l’embarras du choix : Jacques Dutronc, Françoise Hardy, les Beatles, ou de manière bien plus probable, Petula Clark, Adamo – notre première télévision s’appelait “Adamo” parce qu’elle avait été achetée à l’occasion de la diffusion d’un récital du chanteur belge –, Antoine, Claude François, Sylvie Vartan, Johnny Hallyday&#8230; Qu’importe, finalement. J’ai le sentiment aujourd’hui que j’alimente sans cesse inconsciemment ce jukebox, qui dans mes fantasmes prend des proportions infinies, de sélections que j’aimerais ultimes et éternelles.</p>
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		<title>Finale Coupe du monde FIFA 2010, un rêve orange</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jul 2010 09:26:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Ajax Amsterdam]]></category>
		<category><![CDATA[FC Barcelone]]></category>
		<category><![CDATA[Johan Cruijff]]></category>
		<category><![CDATA[Marco Van Basten]]></category>

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		<description><![CDATA[Le paradoxe veut que le grand Johan Cruijff lui-même soutienne l&#8217;Espagne. La star néerlandaise, espagnol d&#8217;adoption, voit forcément dans le parcours de la Roja la réussite de ses idées, et de celle de son mentor Rinus Michels, entraîneur de l&#8217;Ajax d&#8217;Amsterdam, de l&#8217;équipe des Pays-Bas et du FC Barcelone, initiateur du football total dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_JohannCruijff.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1242" title="mots&amp;sons_JohannCruijff" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_JohannCruijff.jpg" alt="mots&amp;sons_JohannCruijff" width="350" height="230" /></a>Le paradoxe veut que le grand Johan Cruijff lui-même soutienne l&#8217;Espagne. La star néerlandaise, espagnol d&#8217;adoption, voit forcément dans le parcours de la <em>Roja </em>la réussite de ses idées, et de celle de son mentor Rinus Michels, entraîneur de l&#8217;Ajax d&#8217;Amsterdam, de l&#8217;équipe des Pays-Bas et du FC Barcelone, initiateur du football total dans les années 70.</p>
<p>Mais malgré tout, avec ou sans Johan, nous continuons de formuler un rêve orange pour la finale Espagne-Pays-Bas de ce soir.</p>
<p>Bien sûr, les Arjen Roben, Dirk Kuyt, Robin Van Persie ou Wesley Sneijder ne remplacent pas dans notre cœur Johan Neeskens, Marco Van Basten ou Dennis Berkamp, mais après les échecs en finale de 1974 contre l&#8217;Allemagne (1-2) et en 1978 contre l&#8217;Argentine (1-3 après prolongations), cette équipe mérite de rejoindre le giron très fermé des équipes championnes du monde tant elle a illuminé notre jeunesse d&#8217;un orange flamboyant.</p>
<p>Ci-dessous : un résumé de Pays-Bas-Brésil 1974 en V.O.</p>
<p><!-- Smart Youtube --><span class="youtube"><object width="425" height="355"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/iS20PUNNq08&amp;rel=1&amp;color1=d6d6d6&amp;color2=f0f0f0&amp;border=&amp;fs=1&amp;hl=en&amp;autoplay=&amp;showinfo=0&amp;iv_load_policy=3&amp;showsearch=0&amp;feature=related" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><embed wmode="transparent" src="http://www.youtube.com/v/iS20PUNNq08&amp;rel=1&amp;color1=d6d6d6&amp;color2=f0f0f0&amp;border=&amp;fs=1&amp;hl=en&amp;autoplay=&amp;showinfo=0&amp;iv_load_policy=3&amp;showsearch=0&amp;feature=related" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" width="425" height="355" ></embed><param name="wmode" value="transparent" /></object></span></p>
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		<title>Nation éparpillée, nation brisée ?</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 14:54:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet M&S]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe du monde FIFA]]></category>
		<category><![CDATA[Équipe de France]]></category>
		<category><![CDATA[France-Mexique]]></category>
		<category><![CDATA[L'Équipe]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Domenech]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous pourrons vociférer longtemps, comme on le fait tous depuis la défaite de l&#8217;équipe de France hier soir contre le Mexique (0-2). Chacun a préparé ses bonnes raisons d&#8217;une quasi-élimination après le deuxième match des poules. Raymond Domenech ne sera pas épargné. Je ne suis plus sûr qu&#8217;il mérite de l&#8217;être, tant ses choix techniques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous pourrons vociférer longtemps, comme on le fait tous depuis la défaite de l&#8217;équipe de France hier soir contre le Mexique (0-2). Chacun a préparé ses bonnes raisons d&#8217;une quasi-élimination après le deuxième match des poules. Raymond Domenech ne sera pas épargné. Je ne suis plus sûr qu&#8217;il mérite de l&#8217;être, tant ses choix techniques semblent décidément hasardeux. On s&#8217;en prendra forcément aux joueurs, dont la distance, pour ne pas dire l&#8217;arrogance, ne suscitait que peu d&#8217;empathie depuis quelques temps déjà. On reste surpris par le manque de générosité qu&#8217;ils ont manifesté en dehors, mais aussi sur le terrain.</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_ThierryHenry.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1090" title="mots&amp;sons_ThierryHenry" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_ThierryHenry.jpg" alt="mots&amp;sons_ThierryHenry" width="350" height="223" /></a>Mais le problème se situe peut-être plus loin – on ne reviendra pas sur les choix de la Fédération, à peu près aussi erronés que ceux du sélectionneur qu&#8217;elle a voulu maintenir en place de manière incompréhensible depuis deux ans. Ce qui pose question aujourd&#8217;hui c&#8217;est cette situation de désamour d&#8217;une équipe de France et ce niveau de raillerie qui a atteint des sommets : à ce titre, le titre de champion du monde de la stupidité est à décerner à Vincent Dulluc, journaliste à <em><a href="http://www.lequipe.fr" target="_blank">L&#8217;Équipe</a>, </em>quand il explique que l&#8217;Argentin Higuain rate des occasions immanquables contre le Nigéria parce qu&#8217;il est né sur le sol français (à Brest en l&#8217;occurrence), ce qui aurait pu faire de lui l&#8217;attaquant français comme Trezeguet l&#8217;avait été – entre-temps, le même Higuain a réussi le coup du chapeau contre la Corée du Sud. Oui, ça interroge quand on croise des mômes qui manifestent le même dédain à propos de <em>leur </em>équipe. Cette défiance trouve sans doute sa source dans le comportement du Sélectionneur, et de ses joueurs, de la Fédération et de ses ambassadeurs ; elle trouve également sa source ailleurs. Jean-Michel Larqué opposait hier soir une équipe – l&#8217;équipe du Mexique, jeune, aventureuse, un brin insouciante – à une “mosaïque” d&#8217;individualités stériles. L&#8217;expression était en soi révélatrice : la mosaïque peut créer l&#8217;unité formelle, ici en l&#8217;occurrence elle exprime clairement la déliquescence du lien censé unir les joueurs entre eux, mais aussi censé unir les Français entre eux. Aujourd&#8217;hui, le drame revêt une dimension particulière qui au-delà du champ purement sportif devrait poser la question de ce lien, au risque de découvrir dans peu de temps qu&#8217;outre qu&#8217;elle soit fragilisée, notre bonne vieille nation est éparpillée et qu&#8217;à terme elle risque de se briser, alors qu&#8217;elle doit continuer à se construire en fédérant la somme des richesses et des espérances qu&#8217;elle contient.</p>
<p>C&#8217;est drôle, mais on célèbre aujourd&#8217;hui les 70 ans de l&#8217;Appel du 18 juin. Avant l&#8217;espoir d&#8217;un renouveau – la victoire aux côtés des Alliés –, cette commémoration nous rappelle la débacle de 40.</p>
<p>70 ans après, la débâcle d&#8217;hier soir semble insignifiante, sans conséquence majeure, sauf si elle révèle la faillite des valeurs qui sont les nôtres, parmi lesquelles la générosité et une forme d&#8217;élégance d&#8217;esprit.</p>
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		<title>Epsilon Blues</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Jun 2010 15:15:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet M&S]]></category>
		<category><![CDATA[Aline Huber]]></category>
		<category><![CDATA[And I Ride And I Ride]]></category>
		<category><![CDATA[Deuxième Souffle]]></category>
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		<category><![CDATA[Franck Vialle]]></category>
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		<description><![CDATA[Au moment de la “première” strasbourgeoise d&#8217;And I Ride And I Ride, le film que nous avons écrit et réalisé avec Franck Vialle sur Rodolphe Burger, je me permets de poster le texte que j&#8217;ai écrit dans Novo #2, à l&#8217;occasion de la première projection publique à Sainte-Marie-aux-Mines en 2009.
2 mai 2009 – coïncidence : le même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au moment de la “première” strasbourgeoise d&#8217;<em>And I Ride And I Ride, </em>le film que nous avons écrit et réalisé avec Franck Vialle sur Rodolphe Burger, je me permets de poster le texte que j&#8217;ai écrit dans <em><a href="http://www.novomag.fr" target="_blank">Novo</a> </em>#2, à l&#8217;occasion de la première projection publique à Sainte-Marie-aux-Mines en 2009.</strong></p>
<p>2 mai 2009 – coïncidence : le même jour, me parviennent par la poste la réédition “ultime” de <em>Salò ou les 120 Journées de Sodome</em> de Pier Paolo Pasolini, édité une seconde fois en DVD par Carlotta, et <em>Préface à la disparition, </em>un petit ouvrage de Philippe Lacoue-Labarthe, publié dans la collection « Détroits », chez Christian Bourgois.</p>
<p>En 1995, c’est précisément un ouvrage de Lacoue-Labarthe, <em>Pasolini, une improvisation (D’UNE SAINTETÉ)</em>, publié à La Pharmacie de Platon, qui a considérablement bouleversé la perception que j’avais de l’acte d’écrire. Dans cet ouvrage d’une quinzaine de pages, je trouvais concentré tout ce que j’avais pu fantasmer formellement : un espace ouvert, dans lequel philosophie, poésie, musique, arts plastiques et cinéma se trouvaient imbriqués, mêlés.</p>
<p align="center">*</p>
<p><em>« Es-tu intéressé par le cinéma ? »</em></p>
<p align="center">*</p>
<p>En décembre 2007, je croise Franck Vialle au Brant. La question qu’il me pose ce jour-là me surprend au-delà de ce que je pouvais imaginer : le cinéma ? Quel cinéma ? Le cinéma en tant que spectateur – non, il ne m’intéressait plus, et depuis bien longtemps. Le cinéma en tant que réalisateur – j’avais écarté pareille hypothèse. Le cinéma  en tant qu’auteur – non, je n’y avais guère songé. J’ai bien publié un jour un scénario dans <em>LimeLight, Le Voyage à Verdun, </em>je visualisais très clairement les images, mais à aucun moment je n’avais songé à le tourner, ni à en soumettre l’ébauche de scénario à quiconque.</p>
<p>Du coup, je me suis longuement interrogé sur cet éloignement au cinéma, et je pense pouvoir isoler l’instant de rupture – une projection de <em>Salò</em> de Pasolini à l’Université. Le film, je le connaissais en vidéo, mais cette expérience de destruction de toute pensée humaine ne peut se vivre que de manière collective. Le silence qui a suivi la projection, de longues minutes durant au moment de la sortie de la salle, a installé en moi une peur. Au-delà du traumatisme visuel, cette crainte me conduit à questionner la finalité de l’acte créateur. Le suicide d’un de mes élèves, dans les jours qui ont suivi la projection à laquelle il avait assisté, n’a fait que renforcer cette méfiance.</p>
<p align="center">*</p>
<p>Alors oui, j’étais intéressé par le cinéma, mais j’avais peur.</p>
<p align="center">*</p>
<p style="text-align: left;">Naturellement, la proposition de Franck de travailler sur une collection de films musicaux autour des artistes de la région me séduisait. Puis, l’idée d’un long-métrage sur Rodolphe Burger s’est rapidement imposée. Il ne restait qu’à poser la question au principal intéressé ; de suite, il s’est montré très intéressé. Nous ne savions pas précisément ce que pouvait être ce film ; nous savions très clairement en revanche ce qu’il ne serait pas : ni documentaire, ni film de fiction. On le situait comme un film en mouvement qui s’intéresserait aux lieux, aux trajectoires, et naturellement aux rencontres qui alimentent la démarche artistique de Rodolphe.</p>
<p>Le film s’est construit pendant un an, sur la base de propositions de Rodolphe lui-même : des rendez-vous ont été fixés, à la Maison de la Radio à Paris, en janvier 2008, pour l’enregistrement de l’émission Équinoxe de Caroline Bourgine, en compagnie de Yves Dormoy et de quatre musiciens ouzbeks, à La Flèche d’Or en février pour un concert auquel je n’ai pas pu assister, à Londres en avril pour deux concerts avec Rachid Taha, à Sainte-Marie-aux-Mines à l’occasion du festival C’est dans la Vallée fin mai, sur L’Île de Batz en juillet et à nouveau à Sainte-Marie en décembre.</p>
<p>Inutile de détailler ici, la somme des instants – spontanément, je dirai que le séjour sur L’Île de Batz, en compagnie de Franck, Aline Huber, la directrice artistique du son, Sylvain Verdet, le directeur de la photographie et Olga Viatcheslavovna Kokorina, sa compagne, restera à part. Les conditions – l’arrivée à Roscoff dans le “combi”, la vie dans les tentes, les séances de tournage entre deux crêpes “complètes boudin” ou “complètes boudin et saucisse” –, la présence de Jacques Higelin et sa guitare-fusil – <em>« Île de Batz, bats-toi ! » –</em>, la rencontre avec Mamie Dirou, tout cela a contribué à l’existence de quelques très belles scènes, celle de la barque notamment, la seule scène du film qui a fait l’objet de deux prises différentes, pour des résultats aussi bons l’un que l’autre.</p>
<p align="center">*</p>
<p>Alors oui, j’aimais le cinéma.</p>
<p align="center">*</p>
<p>Au mois de décembre 2008, nous retournons à Sainte-Marie avec l’objectif de construire les scènes manquantes. L’occasion est belle avec les répétitions, puis l’enregistrement du matériau qui va constituer les <em>Valley Sessions, </em>avec le trompettiste Erik Truffaz<em>. </em>Le dispositif est unique : un travelling est installé au Studio de Rodolphe, à la Ferme ; il sépare les musiciens Julien Perraudeau (basse, claviers) et Alberto Malo (batterie). Le but est de saisir des instants musicaux inédits et d’emblée nous sommes servis. Après les premières répétions qui portent sur des morceaux de son dernier album ou de reprises de Kat Onoma, je le surprends à ébaucher à la guitare les premières mesures d’un morceau qui m’est très familier, <em>Love Will Tear Us Apart</em> de Joy Division<em>. </em>Ses musiciens n’ont pas été prévenus et se raccrochent comme ils peuvent au morceau qu’ils redécouvrent en temps réel. Franck, Aline et Sylvain ont-ils eu le temps de suivre le mouvement et d’enregistrer l’instant ? Oui, l’image existe : on distingue la main sur la guitare et les premières notes du refrain. Le plan se termine par ce moment où Rodolphe relève la tête comme pour dire : tu as entendu ? As-tu reconnu ?</p>
<p align="center">*</p>
<p>Oui, j’ai reconnu…</p>
<p align="center">*</p>
<p>Parmi les scènes qui avaient été écrites – ou envisagées – avant le tournage, il y en a une qui me tenait à cœur. Le nom de code : la scène de la voiture.</p>
<p>L’idée m’était venue bien avant le projet de film. J’ai eu l’occasion d’interviewer Rodolphe en avril 2006, alors qu’il était en session d’enregistrement avec Jeanne Balibar. Ce jour-là, un dimanche, il me suggère d’aller sur les hauteurs de Sainte-Marie pour manger un bibelskas dans une auberge. Au bout de deux heures de repas, nous décidons de retourner à la Ferme. Je lui propose de conduire ma voiture. Et là, il me raconte, tout en conduisant, l’histoire de Freddy Koella, le guitariste mulhousien qui est parti faire carrière à la Nouvelle Orléans. Au-delà du récit qui me permet de découvrir le parcours d’un homme qui a joué aux côtés de Dr John, Willy Deville et Bob Dylan, ce qui me fascine c’est l’incroyable talent de conteur et d’imitateur de Rodolphe. Il se courbe, se retourne et rit dans une voiture trop petite pour lui. Je m’en veux de ne pas avoir enregistré la conversation, mais surtout je me fais la réflexion que cette scène est faite pour le cinéma.</p>
<p>Immédiatement, je pense à cette scène où l’on voit John Cassavetes descendre de chez lui en décapotable, dans <em>Cinéma, de notre temps</em> d’André S. Labarthe et Hubert Knapp. Il allume la radio. À l’antenne, les Beach Boys.</p>
<p>Aujourd’hui, la “scène de la voiture” existe.</p>
<p>Et même s’il s’agissait pour la première fois de rompre avec la spontanéité qui prévalait sur le tournage et de recréer un instant vécu, Rodolphe a su nous donner bien plus que ce qu’on avait imaginé à la base. Bien au delà du récit de Freddy, il apparaît évident qu’il se raconte lui-même, dans ses départs, ses retours, son cheminement. La scène dure précisément 22 minutes, elle est restituée en intégralité dans le film et se termine dans la neige au pied d’une station de ski, le Lac Blanc, où Rodolphe se rendait enfant.</p>
<p align="center">*</p>
<p>Franck : <em>Je viens de découvrir les rushes, la scène de l’Epsilon est spectrale !</em><br />
Moi : <em>La scène de quoi ?</em><br />
Franck : <em>La Lancia Epsilon, ta voiture !</em></p>
<p align="center">*</p>
<p>L’article que j’avais publié à l’époque de l’entretien sur les hauteurs de Sainte-Marie avait été baptisé <em>La trace d’une provenance</em> <em>(and I ride)</em> ; le film s’intitule <em>(and I ride and I ride), </em>j’ai le sentiment aujourd’hui qu’il interroge le parcours de Rodolphe, sa pratique musicale, les réseaux artistiques qu’il crée autour de lui, mais qu’il nous interroge en retour, Franck, Aline, Sylvain et moi-même, et porte à l’écran la trace de cette interrogation-là.</p>
<p align="center">*</p>
<p>Alors oui, le cinéma révèle une part de nous-mêmes.</p>
<p align="center">*</p>
<p>À l’époque où je découvrais <em>Pasolini, une improvisation </em>de Philippe Lacoue-Labarthe, deux amis, Nicolas Simonin et Philippe Haag, m’avaient suggéré l’écriture d’un texte pour une édition éphémère, réalisée à la main, dans la collection Goût Amer au Rhinocéros. Le texte d’époque, intitulé <em>Géométrie Élémentaire (une esquisse)</em> débutait par ces mots :</p>
<p align="center">J’ai sept ans.<br />
Il me promet de m’acheter une caméra.<br />
Il ne me l’offre jamais.</p>
<p align="center">J’ai huit ans.<br />
Il me promet de m’acheter une guitare.<br />
Il ne me l’offre jamais.</p>
<p align="center">Et pourtant, je ne lui en veux pas…</p>
<p>À la relecture de ces mots, je me dis que grâce à Franck, Aline et Sylvain, je peux offrir à mon entourage et à ma petite fille de sept ans un film sur un guitariste. Et pour cela, je leur en serai à jamais reconnaissant.</p>
<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_AndIRide_Plan_fille_café.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1053" title="mots&amp;sons_AndIRide_Plan_fille_café" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_AndIRide_Plan_fille_café.jpg" alt="mots&amp;sons_AndIRide_Plan_fille_café" width="712" height="445" /></a></p>
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		<title>Cleveland, Hyatt Hotel / LWTUA</title>
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		<pubDate>Wed, 19 May 2010 16:26:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Abela</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Belief & technique For Modern Prose]]></category>
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		<description><![CDATA[On me réclame des photos de mon séjour aux États-Unis, mais comme chacun sait, je ne suis pas amateur des reportages touristiques, et puis je ne suis équipé que de mon iPhone. En revanche, je ne pouvais résister à la tentation de montrer l&#8217;intérieur d&#8217;un espace singulier, aux proportions titanesques, celui de l&#8217;hôtel Hyatt à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_HotelHyatt_Cleveland.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-976" title="mots&amp;sons_HotelHyatt_Cleveland" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_HotelHyatt_Cleveland.jpg" alt="mots&amp;sons_HotelHyatt_Cleveland" width="350" height="262" /></a><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_HotelHyatt_Cleveland_21.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-982" title="mots&amp;sons_HotelHyatt_Cleveland_2" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_HotelHyatt_Cleveland_21.jpg" alt="mots&amp;sons_HotelHyatt_Cleveland_2" width="350" height="466" /></a><a href="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_HotelHyatt_Cleveland_3.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-983" title="mots&amp;sons_HotelHyatt_Cleveland_3" src="http://www.mots-et-sons.com/wp-content/motssons_HotelHyatt_Cleveland_3.jpg" alt="mots&amp;sons_HotelHyatt_Cleveland_3" width="350" height="261" /></a>On me réclame des photos de mon séjour aux États-Unis, mais comme chacun sait, je ne suis pas amateur des reportages touristiques, et puis je ne suis équipé que de mon iPhone. En revanche, je ne pouvais résister à la tentation de montrer l&#8217;intérieur d&#8217;un espace singulier, aux proportions titanesques, celui de l&#8217;hôtel Hyatt à Cleveland.</p>
<p>Le temps semble suspendu, et la mélancolie latente ; on ne sait si on se situe dans les années 30 ou plus récemment. Quelques notes de saxophone rajoute à cette ambigüité temporelle qui aurait été sans doute très inspirante pour quelqu&#8217;un comme Stanley Kubrick.</p>
<p>Ce propos pourrait être généralisé à Cleveland, ville fascinante, au charme suranné, dont la pesanteur a vite fait d&#8217;inquiéter.</p>
<p>L&#8217;endroit semble rêvé pour parcourir <em>The Portable Jack Kerouac</em>, une sélection parue chez Penguin Classics, qui débute par une citation de Spinoza :</p>
<p><em>A free man thinks of nothing less than od death, and his wisdom is a meditation not of death, but of life.</em></p>
<p>Page 481 : instant précieux, <em>Belief &amp; Technique for Modern Prose</em>, avec cette recommandation (la 4ème) :</p>
<p><em><em>4. Be in love with yr life</em></em><em><br />
____<br />
</em><br />
Plus loin, page 590, un extrait de texte que je ne connaissais pas, <em>The Scripture of the Golden Eternity </em>:</p>
<p><em>Did I create that sky? Yes, for, if it was anything other than a conception in my mind I would&#8217;n't have said “Sky” – That is why I am the golden eternity. There are not two of us here, reader and writer, but one, one golden eternity, One-Which-It-Is, That-Which-Everything-Is.</em></p>
<p>Et enfin, page 591 : <em>You are the golden Eternity because there is no me and no you, only one golden eternity<br />
____<br />
</em></p>
<p>Vers 16h, la visite du <em>Rock&#8217;n'Roll Hall of Fame, </em>beaucoup d&#8217;artefacts et de documents originaux, notamment le costume que porte John Lennon sur la pochette de <em>Sgt Pepper&#8217;s Lonely Hearts Club Band. </em>Et puis, au détour d&#8217;une vitre Joy Division / New Order, un manuscrit d&#8217;Ian Curtis : la version originale des notes pour <em>Love Will Tears Us Apart</em> ; j&#8217;ai reconnu les paroles, mais je cherchais le refrain, lequel n&#8217;est mentionné que par les initiales LWTUA.</p>
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