Kiss/A, une série The Dø de Marianne Maric à La Boutique
19 jan
Pour Marianne Maric peu importe la forme ou le support. Ses photographies, performances et objets éprouvent le corps dans des œuvres visuellement référencées, entre peinture baroque, avant-garde et glamour. La spontanéité de son approche a séduit Olivia Merilahti et Dan Levy de The Dø à l’occasion de shootings mémorables.
Tout récemment, le célèbre duo franco-finlandais a invité l’artiste à réaliser des photos pour la pochette de son second album à paraître en mars. Marianne expose cette série née en Finlande, terre natale où Olivia va chaque année se ressourcer en toute intimité : un endroit secret, propice à une forme de magie.
Interview 2011 de The Dø à lire ici
Du 20 janvier au 17 février à La Boutique, 10 rue Ste Hélène
Strasbourg – 09 52 17 45 23
Vernissage le jeudi 20 janvier à 18h30
DJ-Set “Manu et les Manettes”
(DJ M&S + Céline B / Electroscope + Efi)
Lotie à La Boutique
17 déc
Que ce soit dans le cadre de son activité professionnelle freelance (publicité, édition, web, animation) ou de ses recherches artistiques, Lotie aime voir se mêler les formes organiques qu’elle crée à l’encre de Chine, au crayon ou au feutre.
En multipliant les médias et les supports, dessins numérisés et photographies, cette illustratrice et plasticienne strasbourgeoise nous plonge dans des environnements pleins d’onirisme, à la charge affective subtile, pour des instants de rêverie prolongés.
La démarche qu’elle développe également par le biais de l’animation comme nouvel horizon artistique et la musique pour donner voix à ses dessins, lui permet d’exprimer tout son talent dans le cadre d’expositions à l’échelle européenne, et même au-delà.
Exposition du 17 décembre 2010 au 11 janvier 2011 à La Boutique (10, rue Ste Hélène à Strasbourg – 09 52 17 45 23)
Vernissage le 17 janvier à 18h30 : DJ Mix post-punk et hybrid-pop avec Jean-Luc Billing
www.lotie.com
contact@lotie.com
The Dø à Strasbourg, Marianne Maric à La Boutique
30 nov
L’heure est à la confirmation pour The Dø, ce duo franco-finlandais qui a rencontré un immense succès en 2008 avec le hit On My Shoulders. Olivia Merilahti et Dan Levy nous reviennent avec un nouvel enregistrement en mars, mais le public aura l’occasion de se familiariser avec les titres du disque en les découvrant sur scène le 17 février à La Laiterie.
Pour annoncer ce concert exceptionnel et le disque à venir, La Boutique (10, rue Ste Hélène à Strasbourg) expose, dès le 20 janvier, les photos que l’artiste mulhousienne Marianne Maric a réalisées avec le duo en Finlande pour la pochette du disque. Une manière originale de découvrir le groupe en toute intimité dans un environnement naturel plein de magie !
Interview 2011 de Olivia Merilahti et Dan Levy ici
Mathieu Wernert, l’être peintre
26 oct
À une époque où les peintres se font rares, Mathieu Wernert continue d’exprimer un désir de peinture. Et même s’il explore d’autres champs de la créativité, la photographie par exemple, il ne cesse de revenir à ce geste premier et d’éprouver celui-ci fondamentalement, presque viscéralement. En cela, il n’est pas seulement artiste, il est peintre.
my specialty is living said
a man
E.E. Cummings, Selected Poems
Dans sa pratique picturale, Mathieu Wernert embrasse toutes les possibilités qui s’offrent à lui – les portraits, les paysages –, mais s’attache de plus en plus à des formes abstraites géométriques, généralement rectangulaires, qui soulignent la limite du cadre, comme pour mieux signifier la contrainte dont il faut se libérer ; il inscrit ses formes colorées, avant de racler la toile jusqu’à mettre celle-ci à nue, voire la meurtrir sous les coups répétés. Un détail, une empreinte, un effet de rupture, l’alertent ; ils marquent la fin de son intervention, la toile est achevée. Elle peut être soumise au regard.
Il est amusant de constater que l’art de Mathieu Wernert pourrait s’expliquer par des tentatives littéraires, celles qui visent à isoler le mot, le déplacer, le décomposer en groupes de lettres, à le réduire à sa plus simple expression signifiante, celle de l’affect pur, avec la charge qui s’y associe. La comparaison pourrait également valoir pour les approches musicales qui tendent à travailler à même la matière sonore, le free-jazz par exemple ou certaines musiques électroniques d’avant-garde, des sources d’inspiration parmi d’autres pour lui.
La démarche de Mathieu Wernert est hautement poétique dans le sens où elle se suffit à elle-même et n’a d’autre but que de révéler la part d’intériorité qui lui est propre. Sur la base de fragments – les traces résistant aux traitements que le peintre inflige aux formes qu’il a créées sur la toile –, le matériau poétique nait. Des espaces saturés de couleur, imbriqués les uns dans les autres ou les uns pardessus les autres, il ne reste que les traces – des ruines magnifiques, serait-on tenté de constater – des passages répétés à la truelle qui ne laissent sur la toile que ce qu’il peut en rester : un sentiment, une émotion, les éclats épars du sublime.
Exposition du 24 novembre au 12 décembre à l’Illiade à Illkirch-Graffenstaden
Un polaroïd de Mathieu Wernert ;
Un autre polaroïd de Mathieu Wernert ;
Une intervention dans Novo.
Le collecteur d’images #1 dans Zut !
30 sept
Une nouvelle rubrique dans le magazine Zut !, le collecteur d’images.
Le collecteur d’images parcourt les musées, prend des notes, s’informe, et consigne dans son carnet personnel le fruit de ses recherches : reproductions, fragments et citations. Pour sa première documentation visuelle, Klimt, Schiele et les artistes viennois à Bâle, les œuvres de jeunesse de Warhol, Miró à Baden-Baden…
Étape 1, Bâle / Vienne 1900
L’exposition Vienne 1900 comble le collecteur d’images : des tableaux, des maquettes, des affiches, des photographies, du mobilier, de la verrerie, de l’argenterie, avec plus de 200 pièces qui restituent toute la modernité des artistes de Vienne au grand tournant du XXe siècle. Ils y sont tous représentés, les peintres, les architectes, les musiciens, les “designers”, pour employer un terme anachronique, qui renvoie aux créations d’art appliqué. Les noms sont illustres : Gustav Klimt, Egon Schiele, Arnold Schoenberg – présent à double titre, le musicien initiateur du dodécaphonisme, mais aussi le peintre, dont la correspondance avec Vassily Kandinsky reste révélatrice de préoccupations plastiques et musicales communes –, Oskar Kokoschka, Otto Wagner, Joseph Maria Olbrich, Josef Hoffmann et bien sûr Adolf Loos.
Le collecteur n’a pas vu de si bel ensemble depuis la célèbre exposition parisienne dans les années 80 : Vienne 1880-1938. L’Apocalypse Joyeuse. Il constate avec beaucoup de plaisir l’omniprésence des œuvres de Klimt, leader qui pose les orientations d’un vaste mouvement autour de la Sécession Viennoise, et mentor de bien des artistes à sa suite, parmi lesquels Egon Schiele et Oskar Kokoschka. Des portraits, des paysages, la réplique de la Frise Beethoven, qui ornait le bâtiment de la Sécession, construit en 1898 sur les plans de Joseph Maria Olbrich, égaient son regard ; il s’attarde sur les ornements, isole des instants chromatiques abstraits et revient inlassablement sur Les Poissons Rouges de 1901-02 et un dessin plus tardif, le Nu allongé sur le ventre vers la droite de 1910. Il y voit comme une invitation et se souvient de ces quelques lignes rédigées par l’historien d’art autrichien Werner Hofmann :
« En tant que styliste, Klimt ne voit dans l’instinct érotique que l’instigateur des arabesques les plus osées dont le corps humain, seul ou en couple, est capable. Au centre de ces formes sensuelles se trouve la femme. En prenant possession d’elle par sa peinture, Klimt fait de la disponibilité de la femme une métaphore esthétique et érotique : son corps est capable de tout, mais il est aussi modelable – capacité de jouissance totale devenu ligne. »
Cette jouissance est source de méfiance pour le jeune Ludwig Wittgenstein, qui affirme la nécessité de « vivre dans le bien et dans le beau jusqu’à ce que la vie s’arrête d’elle-même » quand il est enrôlé et affecté au 2ème régiment d’artillerie des forts de Cracovie en août 1914. Elle devient source de tourment et d’« impureté » quand elle se pose en obsession au détriment de l’activité intellectuelle et du travail. « L’homme est impuissant dans la chair, mais libre grâce à l’esprit », note-t-il dans ses carnets secrets, le 16 septembre 1914, alors qu’il entend d’importants coups de canon et de fusil au matin.
Egon Schiele se voit épargner cette guerre absurde – il évite d’aller au front, malgré des obligations militaires qui perturbent son évolution artistique. Issu de la seconde génération d’artistes viennois, il vit la résolution d’un certain nombre de ses conflits intérieurs et grâce à un début de reconnaissance situe l’accomplissement d’un destin possible. La fébrilité laisse place à une assurance nouvelle chez ce peintre en pleine ascension. La grippe espagnole contractée, à la toute fin de la guerre, a malheureusement raison de cet artiste au succès croissant, le 31 octobre 1918.
Le collecteur d’images s’est toujours méfié de cet artiste, non pas pour la dimension sulfureuse d’une biographie dont on aime exagérer la part de scandale, mais plus pour l’ambiguïté d’un trait qu’il juge incertain, flou. N’empêche, il s’attache à certaines œuvres moins connues, notamment ce bel Autoportrait, les mains sur la poitrine de 1910, dont le raffinement intemporel et l’angulosité constituent pour lui une forme d’équilibre parfait entre classicisme et modernité.
« Parce qu’il dut mourir à l’âge de vingt-huit ans, tout ce qui d’habitude s’étend sur de longues années, resta fortement condensé. Egon Schiele est simultanément enfant, adolescent, homme mûr et vieillard ; un enfant qui possède la maturité de tout ce qu’on peut vivre, un adolescent qui se sent mourir, un homme en qui tous les excédents d’énergie n’ont pas fini de se dépenser, un vieillard qui vit dans les rêves heureux de l’enfance », écrit Hans Tietze quelques mois après sa mort, en juillet 1919
De tous les architectes viennois, Adolf Loos reste celui qui alimente le plus les fantasmes plastiques du collecteur d’images, lequel conserve en mémoire la Colonne du Chicago Tribune de 1922 – une colonne dorique en forme de gratte-ciel –, comme l’un des projets les plus fantasques et peut-être les plus enthousiasmants de la période. Là aussi, il constate que l’esprit révolutionnaire peut servir une forme de tradition et que celui-ci conduit nulle part s’il ne cherche à s’inscrire dans ses propres filiations…
Jusqu’au 16 janvier à la Fondation Beyeler, à Bâle
www.fondationbeyeler.ch
Étape 2, Bâle / Andy Warhol. The Early Sixties
La série télévisée Palettes sur Arte a clairement situé les enjeux des premiers Warhol, en dépassant les clichés généralement formulés sur le pop art et sa critique de la société de consommation. Alain Jaubert y démontre avec maestria que les Marylin et Liz du début des années 60 sont des « icônes comme la Joconde, [qu’]elles ont le même pouvoir de sidération, de fascination », mais qu’elles ont toutes deux un rapport à la mort. L’extrême dépouillement de ces portraits, leur approche sérielle, de même que la répétition de produits manufacturés, les boîtes de Campbell Soup, téléviseurs, bouteilles de Coca-Cola et autres natures mortes contemporaines, renvoient à certaines Vanités, ces images dans la peinture des XVIe et XVIIe censées nous rappeler que nous allons tous mourir. Ils expriment indirectement un point de vue sur la vanité de l’art et dans un mouvement narcissique très subtil confrontent Andy Warhol à sa propre vision d’un art désincarné, mécanique, dont on pourrait soustraire l’artiste lui-même.
Malgré les nombreuses rétrospectives consacrées à Andy Warhol, le collecteur d’images ne se lasse pas ; il s’attache avec toujours autant de plaisir à cette imagerie pop, qui pose les fondements de l’art actuel, insistant à la fois sur sa fulgurance et sa fugacité.
Jusqu’au 23 janvier au Kunstmuseum, à Bâle
www.kunstmuseumbasel.ch
Étape 3, Karlsruhe / Viaggio in Italia. Voyages d’artistes 1770-1880
Il fut un temps où le voyage en Italie faisait partie de la formation de tout jeune artiste. Durant son séjour, celui-ci se confrontait à l’œuvre des grands maîtres, se familiarisait avec les nouvelles iconographies, se formait aux techniques picturales et parcourait les sites architecturaux.
Les productions de ces voyages constituent des volumes considérables au sein des collections de la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe. Pour une première sélection, il s’agissait de trouver une thématique ; l’option du paysage est courageuse, mais celle-ci révèle des traitements infinis, parmi les 150 peintures, cartons grand format, gravures, esquisses, dessins, aquarelles et études à l’huile réunis pour l’occasion. Le collecteur d’images s’émerveille, découvre des œuvres méconnues de Claude Lorrain, Jean-Honoré Fragonard ou même Camille Corot, qui manifeste une approche pré-impressionniste sidérante ; il compare les approches française, allemande et européenne, établit des relations entre les artistes représentés, lesquels ont parfois cheminé ensemble, avant de trouver leur propre voie plastique. Il s’attarde enfin sur les représentations sensibles du quotidien – certains diraient du “réel” –, et y découvre une source d’émotion visuelle inespérée.
Jusqu’au 28 novembre à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe
www.kunsthalle-karlsruhe.de
Étape 4, Baden Baden / Miró au Musée Frieder Burda
Pablo Picasso lui avait dit : « Après moi, c’est toi qui ouvres des portes. » Miró a dû apprécier le compliment, d’autant plus qu’il n’a eu de cesse de franchir de nouvelles limites plastiques : dès ses premières années à Barcelone, il est en contact avec les avant-gardes, se lie d’amitié avec Picasso justement, mais aussi avec les artistes, écrivains et intellectuels qu’il rencontre à Paris avant même de s’y installer, André Masson, Paul Eluard, Robert Desnos, Tristan Tzara et Antonin Artaud.
Dans le cadre de la grande exposition que lui consacre le Musée Frieder Burda, le collecteur d’images mesure le chemin parcouru par l’artiste et ses tentatives successives : les périodes du « réalisme magique » (1921-24), celle de ses « peintures de rêve » (1925-28), le recours aux collages, les premiers assemblages d’objets bruts, la réalisation des sculptures, gravures et céramiques au cours de la Seconde Guerre mondiale, au moment de sa reconnaissance américaine.
À la suite d’un séjour new-yorkais, Miró se « libère au-delà des limites », et pousse le processus pictural jusqu’à atteindre une forme d’épure ultime, comme c’est le cas avec cette magnifique Goutte d’eau sur la neige rose de 1968. Il reste connecté aux bouleversements de son temps, il en sent intimement les soubresauts violents, tente de contenir ceux-ci avec la sagesse du peintre au faîte de sa gloire, mais la peinture continue d’exprimer son inquiétude manifeste. Le collecteur d’images a beau griffonner nerveusement son carnet – comme pour marquer une distance –, il n’en sort pas moins bouleversé.
Jusqu’au 14 novembre au Musée Frieder Burda à Baden-Baden
www.museum-frieder-burda.de
Crédits :
Gustav Klimt
Les poissons rouges, 1901/02
Huile sur toile, 181 x 67 cm
Kunstmuseum Solothurn
Dübi-Müller-Stiftung
Egon Schiele
Autoportrait, les mains sur la poitrine, 1910
Fusain, aquarelle et blanc opaque, 44.8 x 31.2 cm
Kunsthaus Zug, Stiftung Sammlung Kamm
Andy Warhol
Blue Liz as Cleopatra, 1962
Acryl, Siebdruckfarbe und Bleistift auf Leinwand
208.9 x 165.1 cm
Daros Collection, Schweiz
Photo: Daros Collection, Schweiz
© The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / 2010, ProLitteris, Zurich
Camille Corot
Felsiges Waldtal bei Civita Castellana, 1826/27
Öl auf Papier auf Leinwand
Photo : SKK, Wolfgang Pankoke
Miró
Successió Miró / VG Bild-Kunst, Bonn 2010
Photo : Joan Ramon Bonet
Andy Warhol & The Velvet Underground: reflect what you are
5 sept
À intervalle de plus en plus rapproché, Andy Warhol et le Velvet Underground nous reviennent comme des certitudes. Peut-être incarnent-ils ensemble ou séparément une voie artistique perverse, subversive, mais surtout indépendante ? Ils sont à l’honneur à La Filature et au festival C’est dans la Vallée.
Andy Warhol avait peur de la mort. Il en disait : « Je suis tellement malheureux quand j’en entends parler. Il me semblait que les choses revêtaient une dimension magique, et que jamais la mort ne devait arriver. » Et pourtant, à les regarder de près, les Screen Tests ne sont-ils autre chose que des Vanités, ces images qui nous rappellent notre condition de mortel. Ici, nul besoin de figurer des crânes, l’extrême insouciance des modèles suggère une issue fatale. Dans ces pièces de 4 mn réalisées entre 1964 et 1966 en 16 mm à la caméra Bolex, Andy Warhol fige un instant quasi statique à la manière de certains portraits de la Renaissance – on pense à certains tableaux du Titien, quand ce dernier plaque sa figure sur un fond noir, comme c’est le cas dans le Portrait de Ranuccio Farnese, Le Concert et bien sûr L’Homme au gant, des portraits qui « portent des jugements sur les hommes de son temps », comme le signale très justement l’historien de l’art Louis Hourticq au début du XXe siècle. Warhol, dans sa geste non narrative, porte-t-il lui aussi un jugement sur les hommes de son temps, rien n’est sûr : la consigne de limiter les mouvements avait pour finalité de renvoyer l’image du modèle à celle du visiteur qui devait se reconnaître en elle comme s’il se retrouvait face à un miroir. Le volume des 500 Screen Tests recensés devait confronter, dans un effet hypnotique, les deux images et permettre d’« aider les “audiences” à mieux se connecter à elles-mêmes. »
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I’ll be your mirror / Reflect what you are, in case you don’t know.
The Velvet Underground, I’ll Be Your Mirror
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À regarder les Screen Tests les uns après les autres, entre l’intention initiale et le résultat final, des décalages se créent, et le récit s’invite malgré tout. Si certains se prêtent au jeu, comme Susan Bottomly, un jeune modèle de Boston, le designer Billy Name ou Richard Rheem, un éphèbe californien, d’autres prennent leur distance par rapport au dispositif : Dennis Hopper ne peut s’empêcher de jouer avec la caméra, s’interroger, regarder à gauche, puis à droite, cligner des yeux et même manifester une certaine impatience, pour finalement sourire et hocher de la tête, comme s’il venait d’admettre quelque chose. D’autres enfin s’émancipent du dispositif imposant une forme de distance, voire d’arrogance, comme c’est le cas avec Lou Reed – sublime avec sa bouteille de Coca –, Nico, particulièrement remuante ou encore Baby Jane Holzer, la collectionneuse d’art, qui adopte des postures suggestives avec sa brosse à dent et son dentifrice.
Après, il reste le cas du Screen Test d’Ann Buchanan, une jeune poétesse qui a partagé son appartement avec Allen Ginsberg et Neal Cassady. Au bout de quelques minutes, cette très belle femme aux longs cheveux bruns laisse perler des larmes de ses yeux à force de les maintenir ouverts, dans un effet narratif stupéfiant qui a ému jusqu’à Warhol lui-même.
Enfin, on peut signaler le cas d’Edie Sedgwick qu’on découvre craintive, voire apeurée. Les images qui en résultent tranchent avec des photos qu’on connaît d’elle – notamment, les séries de photomatons. On surprend l’icône en train de soupirer, comme si l’épreuve était devenue insoutenable. On ne peut s’empêcher de penser que cette jeune femme magnifique mesure à cet instant précis le drame qui est en train de se jouer pour elle.
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avec des jambes si longues et je la suppliais de danser avec moi sans jamais avoir la chance de lui plaire / oh c’est injuste
Patti Smith, Edie Sedgwick (1943-1971)
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Les Screen Tests se regardent en silence, sans fond sonore, mais pour l’édition DVD chez Plexifilm, l’ex-Galaxie 500 et ex-Luna Dean Wareham est sollicité par le Andy Warhol Museum pour mettre les Screen Tests en musique. C’est ce qu’il fait avec son épouse, Britta Philipps. Il en résulte une série de compositions, qui pour paraître un peu vaines en accompagnement du DVD, prennent tout leur sens sur scène. L’idée de jouer les morceaux en formation et de projeter les Screen Tests sur écran, renoue avec le concept multimédia total – musique, vidéo, danse et performance –, The Exploding Plastic Inevitable, qu’Andy Warhol initiait autour des concerts du Velvet Underground.
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« Comment définiriez-vous un groupe comme celui-là, qui passe de Heroin à Jesus en deux courtes années ? »
Lester Bangs dans Rolling Stone #33, 1970
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« Être plus Velvet que le Velvet ! » Quand il s’attaque au répertoire du célèbre groupe new-yorkais, Rodolphe Burger ne cherche ni à imiter, ni à reproduire, ni même à incarner, il s’approprie les chansons et les interprète comme s’il les avait écrites lui-même. C’est l’une des constantes de son approche de la reprise – « La reprise n’est jamais innocente, elle nous inscrit dans ce qu’on est et dans ce qu’on devient. Elle est le signal d’une provenance », nous explique-t-il. Aucune innocence donc dans le fait que ce soit justement le Velvet, groupe auquel on a souvent comparé Kat Onoma de manière parfois paresseuse, qui fait l’objet à son tour de reprises, après celles très remarquées d’Iggy Pop ou de Joy Division.
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If I could make the world as pure and strange as what I see / I’d put you in the mirror I put in front of me / I’d put in front of me
The Velvet Underground, Pale Blue Eyes
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Cette création produite par la scène nationale de Sète, Rodolphe et ses invités ont aujourd’hui à cœur de l’offrir au public de Sainte-Marie-aux-Mines, pour le dixième anniversaire du festival C’est dans la Vallée, dans le cadre d’une thématique globale autour du Velvet Underground qui intègre une conférence du critique rock Bruno Blum.
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Le Velvet est aujourd’hui le groupe le plus créatif en Amérique, dans la mesure où il investit un espace que la plupart des groupes cherchent à fuir en studio : la vie.
Lenny Kaye, dans New Times, le 20 avril 1970
Article publié dans Novo #10 (septembre 2010)
13 Most Beautiful… Songs for Andy Warhol’s Screen Test, ciné-concert de Dean & Britta les 7 et 8 octobre à La Filature
www.lafilature.org
Le Velvet de Rodolphe Burger, concert le 8 octobre au festival C’est dans la Vallée au Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines
www.cestdanslavallee.com
À signaler la performance du flux4 quartet I’ll Be Your Mirror le 7 octobre en inauguration du festival C’est dans la Vallée au Kino Underground en sous-sol du Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines.
Un nouveau polaroïd de Mathieu Wernert à La Boutique
2 sept
Le
11 avril dernier, Mathieu Wernert réalisait un polaroïd à l’extérieur de La Boutique.
Aujourd’hui, à l’occasion de l’exposition d’Ayline Olukman, il en a réalisé un second. L’idée se fait jour d’une exposition de ses polaroïds à La Boutique.
Sur la photo l’affiche de l’exposition Where The Summer Goes d’Ayline Olukman, dont le vernissage a lieu demain, à 18h30 à La Boutique au 10, rue Ste Hélène.
C’est assez plaisant de voir qu’une œuvre d’une artiste peut en inspirer une autre, et ainsi de suite…








