Masculin Féminin, de Jean-Luc Godard
23 jan
Jean-Pierre Léaud et Chantal Goya dans Masculin Féminin :
“Oui, ça me ferait plaisir de coucher avec vous.”
La scène dans les toilettes, à voir et à revoir…
Peter Knapp, L’image au présent
23 jan
La galerie Stimultania consacre une exposition à Peter Knapp à travers les axes du cinéma et du mouvement. Un parcours en diagonale dans l’œuvre foisonnante de ce photographe, graphiste, peintre, cinéaste et vidéaste suisse, véritable touche-à-tout agissant.
Soixante dix-neuf. Il faut se le répéter et aller jusqu’à l’écrire pour se persuader qu’il s’agit bien de l’âge de Peter Knapp. Parce que rencontrant l’artiste pour évoquer son exposition à la galerie Stimultania, on a le sentiment d’être face à un jeune homme. Comme si toute sa trajectoire, de ses études à l’École des Arts Décoratifs de Zurich, à son poste de directeur artistique aux Galeries Lafayette (1955-1959), puis au magazine Elle (1959-1966), ajoutée à ses parcours de photographe, de cinéaste et à ses activités d’enseignement et d’édition n’avaient jamais entamé sa passion et sa curiosité. C’est au sortir d’une discussion stimulante embrassant divers sujets, des piliers endommagés du centre Pompidou-Metz à l’incursion de la photographie aux Galeries Lafayette, qu’on saisit mieux Peter Knapp. Prolongeant Susan Sontag qui disait qu’« Écrire sur la photographie, c’est écrire sur le monde », on oserait avancer que photographier, c’est être présent au monde. Et que cette présence passionnée doublée d’une acuité et d’un regard critique permanents, si Peter Knapp les doit en partie à sa pratique, il ne cesse de nourrir celle-ci en retour. Rencontre inouïe au premier étage du Café de Flore, à Paris.
Avez-vous été surpris par le choix des œuvres sélectionnées par les commissaires de l’exposition Knapp ça tourne ! ?
Ayant enseigné pendant douze ans, j’ai toujours eu le sentiment de recevoir autant que de donner. Revoir mon travail avec des choix ignorant ce que je fais actuellement et remontant jusqu’à quarante ans en arrière est une chose très amusante. Celui qui fait est dans ce qu’il fait et n’a pas souvent de regard sur le passé. Il est toujours dans le présent, avec des doutes, peut-être, mais là où se trouve la tête, se trouve le cœur. Mais c’est aussi lié à mon âge : ayant eu beaucoup d’expositions, j’ai compris que lorsque je décide des œuvres, l’exposition prend toujours un peu le même chemin. Là, comme ce sont des personnes d’une autre génération que la mienne qui choisissent, le chemin est différent et ce décalage me plaît…
Comment définiriez-vous ce chemin qui est le vôtre ?
Je ne travaille pas sur une œuvre et n’ai donc pas l’idée d’une chose précise. J’ai plus le sentiment d’aller d’essais en essais, d’expériences en expériences. L’histoire n’étant pas séparée de nos vies et de notre création, elle amène d’autres outils avec lesquels je travaille. J’avance plus par curiosité que par égo, où alors je vais voir ce que donne mon égo dans le numérique, dans le film, dans le livre, etc. Mais je ne fais pas cela pour mettre un cadre autour, je préfère qu’il n’y ait pas de cadre autour de mon travail… Au départ, j’étais artiste peintre. Ma vie en France a fait que j’ai été plus connu pour mon travail de graphisme que pour ma peinture. Puis, la photographie est arrivée et a été reconnue comme un art. Subitement être un artiste n’était plus uniquement être un peintre, cela désignait aussi le fait de faire des films, des photographies,… Les choses bougent et l’histoire est importante dans nos parcours.
L’exposition vous amène-t-elle à jeter un regard différent sur certains de vos travaux antérieurs ?
Pas tellement. Je suis rarement satisfait de ce que je fais dans le temps présent. Il faut que le temps passe pour que j’accepte mon travail. Sur le temps présent il y a toujours un décalage entre l’imagination et le résultat et je n’arrive jamais à faire mieux que ce que j’imagine. Quand les choses ont vécu dans le temps, la comparaison avec le travail des autres m’aide à les accepter. À leur donner une certaine valeur.
Est-ce pour cela que vous faites de la photographie, art permettant la captation du temps présent ?
Je ne fais pas de la photographie, je fais de l’image. Si je dessine, photographie, filme, mets en page un livre, tout cela relève pour moi de la communication visuelle. Ce n’est pas parce que je sais peindre que je peins, parce que je sais photographier que je photographie. C’est parce qu’un ciel bleu est crédible en photo que je le photographie plutôt que de le peindre. Ce n’est pas l’outil qui me mène, c’est plutôt l’imaginaire qui me mène à l’outil. En même temps, le souci d’authentification n’est pas important pour moi et j’aime beaucoup cette phrase de Picasso « Quand je n’ai pas de bleu, je mets du rouge ».
Le principe de la commande est une tradition dans l’Histoire de l’art. D’évoluer dans un cadre, ça semble vous plaire…
Dans le fond, je suis artiste, mais je souffre souvent. Vous savez, récemment, j’ai eu plusieurs expositions personnelles, mais je n’ai quasiment rien fait de nouveau, si ce n’est une ou deux petites choses qui m’ont satisfait. Or, j’ai eu un coup de téléphone d’un PDG de Londres et qui m’a dit : « Ecoutez, j’ai vu votre exposition à Hyères [à la Tour des Templiers, ndlr], et j’ai découvert que vous faisiez des choses totalement décomposées-recomposées. Moi, je suis Pringle Of Scotland, je fais des pull-overs traditionnels depuis 150 ans. Est-ce que vous voulez bien faire un truc pour moi ? » J’étais absolument ravi ! Il m’a sorti du trou. Je devais regarder des pulls et trouver une idée. Il m’a laissé une liberté totale, et du coup j’ai fait 10 images sur commande que je serai capable d’exposer dans une galerie. Avoir un sujet, une date, un format, je trouve ça excitant ! La commande, ça vous sort du doute. Oui, ça vous sort de l’angoisse… Je raconte souvent à mes élèves l’anecdote concernant Jean-Luc Godard et Le Mépris. J’aimerais vraiment croire que c’est vrai… Lorsque Godard a montré Le Mépris à son producteur Carlo Ponti, ce dernier lui aurait dit : « Jean-Luc, ton film est très bien, mais tu ne t’imagines tout de même que je te paie Brigitte Bardot, sans que tu montres son cul dans ton film ! » Godard rappelle Bardot et lui dit : « Il faut que tu reviennes ! Je dois filmer ton cul dans toutes les couleurs ! » Cette scène ouvre le film, elle est celle qu’on retient. Godard a su réinterpréter la critique et trouver la solution. Il faut être suffisamment libre pour introduire des choses positives, même si la contrainte est imposée.
Entretien réalisé avec Caroline Châtelet pour le numéro hors-série #5 de Novo, Peter Knapp by Novo (à se procurer gratuitement à la Galerie Stimultania ou à La Boutique, au 10, rue Ste Hélène, à Strasbourg).
Knapp ça tourne ! de Peter Knapp
Exposition du 21 janvier au 3 avril 2011 à la Galerie Stimultania, à Strasbourg
Peter Knapp à la Galerie Stimultania, J-1
20 jan
À l’occasion de l’exposition Peter Knapp ça tourne ! à la Galerie Stimultania, publication de Peter Knapp by Novo, un hors-série de l’équipe Novo, d’après une idée de l’agence Arthénon, avec l’appui de l’équipe Stimultania : des interviews, des articles, des interventions… Un numéro exceptionnel à guetter dès demain soir, au moment du vernissage de l’exposition.
Kiss/A, une série The Dø de Marianne Maric à La Boutique
19 jan
Pour Marianne Maric peu importe la forme ou le support. Ses photographies, performances et objets éprouvent le corps dans des œuvres visuellement référencées, entre peinture baroque, avant-garde et glamour. La spontanéité de son approche a séduit Olivia Merilahti et Dan Levy de The Dø à l’occasion de shootings mémorables.
Tout récemment, le célèbre duo franco-finlandais a invité l’artiste à réaliser des photos pour la pochette de son second album à paraître en mars. Marianne expose cette série née en Finlande, terre natale où Olivia va chaque année se ressourcer en toute intimité : un endroit secret, propice à une forme de magie.
Interview 2011 de The Dø à lire ici
Du 20 janvier au 17 février à La Boutique, 10 rue Ste Hélène
Strasbourg – 09 52 17 45 23
Vernissage le jeudi 20 janvier à 18h30
DJ-Set “Manu et les Manettes”
(DJ M&S + Céline B / Electroscope + Efi)
La danse d’Anna (Karina) dans Vivre sa Vie
15 jan
Dans Vivre sa Vie de Jean-Luc Godard, une scène de danse que j’adore ! Anna Karina, la séduction incarnée…
Marianne Faithfull, Si Demain
15 jan
Un coup de cœur : Si Demain (version de Tomorrow’s Calling, une chanson écrite par Eric Woolfson en 1966) , interprété en français dans le texte par Marianne Faithfull, sublime dans ces images télévisées…
The Dø et Marianne Maric, plaisir organique !
8 jan
Avec un second album et une nouvelle tournée, c’est le temps de la confirmation pour The Dø. À l’occasion de l’exposition que leur consacre Marianne Maric à La Boutique, à Strasbourg, Olivia Merilahti et Dan Levy reviennent sur une méthode organique qui accorde sa place au visuel.
Vous avez joué aux États-Unis en septembre, mais aussi au Canada, pouvez-vous nous parler de la réception de votre musique par le public nord-américain ?
Dan Levy : En jouant en Australie ou au Canada, on se rend compte que la France est un tout petit pays [rires]. C’est vrai qu’ici, on a rapidement fait le tour des salles. Un territoire comme les États-Unis nous offre un véritable champ d’action. À l’étranger, le public nous a réservé d’excellentes surprises, à New York par exemple, ou encore à Los Angeles où les salles étaient combles.
Vous venez de publier votre nouvel EPK, Dust It Off, qui annonce un nouvel album. Cette publication provoque-t-elle un sentiment d’appréhension pour vous ?
D.L. : D’une manière générale, on se lance dans le vide même si nous avions publié un premier morceau sur facebook. Nous sommes en pleine période de répétitions avec beaucoup de changements ; désormais nous serons six à jouer sur scène, ce qui nous permet de prendre le contre-pied de notre première tournée. Nous pouvons aujourd’hui nous permettre d’être plus proches de notre album, de son esprit.
Votre second album sort en mars. Il confirme votre éclectisme…
Olivia Merilahti : Nous apprécions les grands écarts, tout en essayant d’être justes dans la représentation de ce que nous sommes. C’est un moyen de ne pas être catalogués : le public va découvrir de nouveaux arrangements et des couleurs sonores plus riches.
Les nouveaux titres que vous proposez semblent être dans la continuité de ce que vous avez fait jusqu’à présent, on ne ressent pas de rupture ou de virage radical mais toujours cet esprit pop, avant-gardiste, voire ethnique ou tribal.
D.L. : À l’affût des commentaires du public, nous avons pu lire tout et son contraire. Les avis sont partagés, certains parlent de « rupture totale », d’autres retrouvent bien notre esprit. Nous n’avions pas la volonté d’être exhaustifs dans les genres, on tient à garder une certaine liberté.
O.M. : C’est une manière de laisser beaucoup de place aux surprises.
Avez-vous découvert de nouvelles méthodes de composition ?
D.L. : À l’époque de A Mouthful, tout était très nouveau pour nous, nous avons enchainé les musiques de films, de spectacles de danse contemporaine, de théâtre. Pour le nouvel album, tout est allé beaucoup plus vite, nous savions vers quoi nous voulions nous diriger. Nous travaillons ensemble de la même manière, nous avons réalisé l’album de A à Z avec une plus grande expérience.
O.M. : … d’autant plus que nous avons pu, cette fois-ci, nous concentrer sur la réalisation de l’album sans nous laisser distraire par d’autres projets.
Des morceaux ont-ils été écrits durant votre tournée en gardant ce principe d’instants récréatifs qui avaient conduit à l’écriture de A Mouthful ?
D.L. : Olivia a la capacité de prendre une guitare backstage pour composer une chanson, à l’écart du groupe. Personnellement, j’ai besoin de plus de matière sonore et de réflexion.
O.M. : De cette manière, il y a beaucoup d’allers et retours entre nous. L’acte créateur est très organique, nous évitons les recettes formatées.
Le succès du premier album a créé une attente particulière du public. Était-ce inhibant ou au contraire libérateur en terme de créativité ?
O.M. : Nous pensons d’abord à nous, à notre satisfaction personnelle, en espérant que cela plaise au public. L’inhibition et la libération se succèdent, c’est une émotion étrange. L’amour que l’on place dans la musique ne change pas.
D.L. : S’il existe une résistance, elle est autour de nous. La liberté, nous la prenons dès que nous créons, nous restons un groupe indépendant. Personne n’avait misé sur nous au tout début, pourtant le groupe a connu un réel succès fondé sur cette liberté. C’est sans compromis que nous avons appréhendé le deuxième album dont nous sommes toujours les producteurs.
Le fait de tout gérer au niveau de la production jusqu’au mixage de l’album, est-ce un choix personnel ou est-ce par défaut, parce que vous ne trouvez pas de producteur ?
D.L. : C’est avant tout une façon d’être libre. Si sur le deuxième album on critique notre façon d’enregistrer, de mixer, nous trouverons une autre solution mais la question n’a pas encore été soulevée. Au contraire, les gens sont curieux de savoir comment se déroulent nos enregistrements dans des studios qui n’en sont pas vraiment. C’est une histoire de passion et d’envie, on est un peu des « control freaks ».
Votre musique semble très visuelle. On suppose que le cinéma et les arts plastiques alimentent fortement vos compositions ?
O.M. : Oui, intensément. Certaines choses que l’on a vues nous restent en tête, un sentiment, une émotion. Nous nous sommes sentis très proches de l’esprit poétique, presque violent, tout en restant réaliste, du film Onibaba [film réalisé par Shindo Kaneto en 1964, ndlr], qui a inspiré le clip de Slippery Slope par exemple.
Concernant la danse dont vous êtes proches, vous avez également collaboré avec le danseur et chorégraphe Vin Vandekeybus, pouvez-vous nous parler de cette rencontre ?
O.M. : Nous affectionnons particulièrement l’univers de la danse. Nous étions allés voir l’une de ses pièces à Châtelet, et nous avons eu l’occasion de le rencontrer lors d’une interview croisée à Bruxelles. Comme nous trouvions ses vidéos de danse très réussies, nous l’avons sollicité. Il n’avait jamais réalisé de clip, c’était donc un réel défi !
Marianne Maric a réalisé la photo de votre nouvel album, pouvez-vous nous parler de sa rencontre ?
D.L. : La rencontre avec Marianne Maric s’est faite à la suite d’une photo prise backstage lors de l’un de nos concerts, à La Poudrière, à Belfort. Nous avions adoré cette esthétique très spontanée. Par la suite nous avons gardé contact. Elle fait partie des artistes qu’on adore et qu’on défend. J’espère que nous aurons d’autres occasions de collaborer avec elle, c’est quelqu’un de très talentueux.
Ces photos pour votre nouvel album ont été réalisées en Finlande, était-ce une volonté de retour aux sources ?
O.M. : Avec Marianne, nous sommes d’abord parties dans la nature près de Paris, nous avons fait des photos ensemble toute une journée, puis nous avons eu envie de réitérer cette expérience qui m’avait beaucoup plu. Nous désirions créer un univers qui puisse répondre aux photos du premier album. Ensuite, elle a accepté de nous suivre dans un endroit aussi isolé que la Finlande, sans connaître les lieux. Peu de photographes auraient accepté ce défi ! Ces instants étaient vraiment intimes dans un lieu isolé, familial, où je me rends chaque année pour me ressourcer. Un endroit secret, propice à une forme de magie.
Photos : Marianne Maric
Interview (retranscrite avec l’aimable contribution de Sophie Ruch ) à paraître dans Novo #12 (janvier 2011)
Marianne Maric, exposition The Dø du 20 janvier au 17 février, à La Boutique, à Strasbourg
Renseignements au 09 52 17 45 23
Vernissage le 20 janvier à 18h30
(DJ-set Manu et les Manettes : DJ M&S + Céline B. / Electroscope + Efi)
The Dø, en concert dans le Grand Est le 16 février à La Vapeur, à Dijon ; le 17 à La Laiterie, à Strasbourg ; le 18 février à L’Autre Canal, à Nancy ; le 8 avril à la Rockhal, à Luxembourg
www.thedo.info
Nouveau EP Dust It Off en forte rotation sur la webradio flux4











